La Corse en solo et en 25 pieds
Salut les heossiens
Heureux propriétaire d'un first 25 de 1983, je réfléchi à enfin m'éloigner des côtes.
Basé à Port Camargue, je ne prévois pas encore de transat, mais une traversée vers la Corse cet été. Ça me paraît pas mal comme baptême du grand large :-))
Il y a déjà beaucoup de fils sur ce thème, mais plusieurs participations me laissent sur ma faim...
Mon bateau est petit, je n'ai pas de MerVeille, ni de récepteur AIS, ni de radar, ni de carto électronique, ni d'EPIRB, ni ni ni...
Un gps portable, une VHF, un petit pilote auto, un sondeur, des cartes papier et voilà !
Pas non plus de moteur in-bord propre à recharger mon unique batterie, seulement un petit hors-bord de 6cv en puits qui ne déjauge pas dans la houle.
J'ai prévu d'emporter du carburant pour 24h de moteur, de louer un radeau et c'est à peu près tout.
Alors ma "grande" aventure me fait venir une multitude de questions et de craintes.
Dois-je emporter une seconde batterie chargée ? Acheter une EPIRB à 800€ ou une PLB ? Un MerVeille ? Me fabriquer un traînard de Jordan (des centaines d'heures de boulot 🤭) ?
Dois je enfin poser la ligne de vie qui dort dans le coffre ? Me faut-il un équipier sachant que ce sera un inexpérimenté et donc une double responsabilité pour moi ? Puis-je aussi me passer de tout ça ?
Je ne suis pas Moitessier, mais mes lectures des navigateurs "d'avant" m'ont laissé le gout de : si c'est simple, il y aura moins de problème !
Alors si vous avez des réponses à tout ce qui peut interroger un nouveau venu dans les navigations hauturières (semi- seulement, pour la Corse), je suis preneur !
Tous vos conseils, arguments, explications m'intéressent ! Et surtout s'ils concernent un petit voilier avec un armement "light"...
Commence par faire de longues navs en côtière
Fait une dizaine de fois avant le GPS ET PLUS RÉCEMMENT SANS RAdar Ais
Par contre investi dans un ou deux panneaux solaires à mettre dans les balcons AR
Désolé je remets la photo, PS tenus par des colliers électriques
Es-tu d'une nature optimiste ou pessimiste?
Je penche plutôt pour le second terme de l'alternative.
Tu peux naviguer comme dans les années 80, sans les ceintures, bretelles et béquilles modernes 😉, et n'avoir que du plaisir.
Plus constructif:
En gros, 24 heures de navigation à partir du Var. Peu de différence en distance avec une traversée de la Manche; mais sans traversée de rails plein de cargos.
Avec une bonne météo, avoir du pétrole car la pétole est à craindre en s'éloignant de la côte.
Une donnée à étudier : la météo peut se dégrader entre l'aller et le retour. Ne pas être contraint par une date limite de retour.
la ligne de vie serait plus utile à poste que dans le coffre..il me semble...
Le plus court je crois c'est Fréjus-Calvi, environ 100 miles. Le radeau de survie n'est obligatoire me semble-t-il qu'à partir de 70 milles d'un abri. Cela autorise donc sans une traversée de 70 x 2 = 140 milles. Pour la cartographie, ne pas se priver de Garmin/Navionics Boating sur I-phone et/ou tablette. Ce n'est pas cher et fonctionne bien. Un panneau solaire serait bienvenu pour un autonomie électrique. Oui, la ligne de vie est à mettre en place avant. Si la VHF contient un récepteur AIS, c'est mieux. Voilà, c'est tout.
Le radeau c’est à partir de 6 milles.
Au delà de 60 milles d'un abri, par exemple une traversée Corse-Baléares, il faut un radeau hauturier·le 18 déc. 09:57
Merci pour ces premiers retours ultra rapides !
Alors oui, la ligne de vie est programmée. Il s'agissait plutôt d'une boutade. Je pense d'ailleurs poser une cadène dans le cockpit : il est petit : je pourrais en faire le tour du bout de ma longe. Et ligne de vie pour aller faire le guignol devant.
Non je ne suis pas pessimiste du tout ! Je suis juste un prudent qui souhaite faire le tri entre l'indispensable et le dispensable ! ;-)
Ma VHF est ASN mais sans récepteur AIS !
Quant à une appli sur tablette, j'y ai pensé. Ca marche quand on est au large, sans réseau ? Si c'est la marque ALaPomme, il est nécessaire que ce soit un modèle cellulaire, non ??
Bonjour,
Tout dépend de ce que tu cherches et du temps que tu auras.
Si tu veux une traversée la plus longue possible au large et que tu veux être en règle, alors une balise sera nécessaire.
Sinon, tu peux longer la cote pour t'amariner soit jusqu'au Var, soit encore plus loin en Italie et tu auras une traversée plus courte.
Dans tous les cas c'est parfaitement faisable avec ton bateau. le plus compliqué sera de trouver une fenêtre météo pour avoir du vent mais pas trop et traverser à la voile ...
Enfin, toujours penser que le retour de Corse peut être plus problématique que l'aller et il faut donc avoir le temps d'attendre la bonne fenêtre et ne pas hésiter à traverser au plus court. Se retrouver contre un Mistral fort et la mer courte et cassante qui va avec, au large avec un 25 pieds (ni avec un bateau plus grand d'ailleurs), n'est pas la situation la plus enviable, donc faire plus gaffe au retour.
Pour le reste, rien d'insurmontable la Corse est toujours une super destination
pour ce qui est de la balise en solo vaut mieux avoir une PLB que tu peut avoir sur toi qu'une EPIRB m^me si ce n'est pas reglementaire ,en cas de chute à la mer c'est ..mieux ..
Compte tenu de ton inexpérience, la seule chose dont tu ne peux pas te passer, c'est une bonne météo, le reste n'est que de peu d'importance, d'autant que tu as déjà l'essentiel.
Le First 25 est un bon bateau. Pas si petit que ça, bien entretenu et bien préparé, il a fait des traversées bien plus importantes !
Quelle est la version du tien ? quille rétractable ou fixe ?
La partie à surveiller sur un bateau ancien, c'est le gouvernail, suspendu pour le tien.
Sans moteur inboard, en méditerranée, c'est pas mal d'avoir une voile très légère à l'avant, pour continuer à avancer par tout petit temps : peut-être un gennaker gréé sur un petit bout-dehors, si tu en as les moyens ?
Je vois sur ton profil que tu es moniteur FFV, formé aux Glénans... pas vraiment un novice donc !
La traversée sur la Corse est courte, une trentaine d'heures, (à partir de Porquerolles par exemple), autrement dit une seule nuit de veille. Rien d'insurmontable en solo. Si tu as l'habitude, inutile de t'"encombrer" d'un équipier que tu ne connaîtrais pas bien. A mon avis, c'est toujours mieux à deux, mais à condition de bien s'entendre !
Tu pars en milieu de matinée, avec une bonne météo à 48h (modèle Arome/Windy par exemple), tu arrives le lendemain dans la journée.
Tu dis avoir des cartes papier, c'est bien suffisant !
AIS pas absolument indispensable AMHA.
Comme déjà dit, c'est le retour qui peut être plus compliqué en fonction de la météo, il vaut mieux ne pas avoir de date impérative ou alors prévoir large.
Partant du principe que tu vas choisir une météo tranquille, un équipier que tu connais bien même si pas amariné te tiendra compagnie voir te permettra de faire une sieste. Evidemment évite un suicidaire qui se jettera à l'eau pendant que tu dors.Sinon l'année dernière on est passé de saint jean cap ferras à calvi (on était partis vers l'est pour fuir le mistral) et est ce une visibilité spéciale ou ça marche à tous les coup ? mais nous avons été surpris de voir la côte puis les sommets au dessus de nice les 3/4 de la traversée et donc longtemps après avoir commencé à voir la corse, donc toujours une côte (ou 2) en vue ce qui n'est pas mal. Le retour direction cavalaire totalement différent.
Un logiciel sur le tel comme sailfreegps te permet de suivre ton avancée sans réseau n'utilise que le gps, par contre il faut pouvoir le recharger à minima la carte devant être chargée et l'appli non fermée, petit batterie de tel ou truc solaire qu'on accroche au sac en balade ·le 18 déc. 10:53
Bonjour,
Deux compte-rendu "Corse/Continent/Corse" avec un Blue-Djinn (6.09m) !...
Bonne lecture
ALAIN
Hello,
A défaut d'équipier as tu un pilote auto ?
C'est quand même pratique pour pouvoir faire une pause de nuit ou manœuvrer le jour.
Amicalement.
FX
On peut même faire le tour du monde en First 25 yacarearoundtheworld.blogspot.com[...]/
Oui j'ai bien un pilote raymarine qui me donne un coup de main lorsque je bricole devant ou lorsque tout est réglé et que je bronze.
Mon first a une quille fixe et son safran sur tableau a été remplacé il y a qqs années. Ça devrait tenir !
Lorsque je parlais de mes craintes devant ce petit défi personnel, je ne parlais pas de mes compétences voilistiques. Disons que "je sais faire".
Faute de passionné dans mon entourage, et aussi parce que j'aime ça, je navigue souvent en solo. J'ai donc l'habitude de gérer mon bord sans que cela ne m'inquiète.
Je pensais plutôt à la nuit en mer et à la veille dans des eaux un peu fréquentées.
D'où mes interrogations sur la nécessité ou pas d'une aide électronique (MerVeille, récepteur AIS...)
Je sais que, comme les assurances, les investissements ne sont utiles qu'après l'accident. Mais le coût de ces produits, d'une EPIRB, d'une plb avec ais sont prohibitifs !
Un radeau ça se loue pour une somme raisonnable et puis on le rend lorsqu'on ne fait plus que du cotier. Mais le reste...
Comment faites vous, ceux qui n'ont pas non plus ces outils : vous faites une nuit blanche ? Vous mettez un réveil toutes les 20 minutes ? Vous faites une prière puis dodo ?
En tout cas merci pour tous ces échanges et conseils qui démystifient cette traversée et la rendent déjà plus facile !!
Même en ayant « tous ces outils », on ne peut se dispenser d’une veille quasi-permanente. Cette route est fréquentée par beaucoup de ferrys, des cargos, des motor-yachts et surtout des voiliers. Les voiliers suivent typiquement la même route au plus court trajet et les occurrences de collision sont réelles. L’AIS est loin d’être généralisé, les feux de navigation sont visibles au maximum à 3 ou 4 milles, le radar est souvent seul à pouvoir les détecter. Sur cette traversée que je fais souvent, soit j’ai un équipage, soit je sais que je dormirai à l’arrivée et pas beaucoup avant.
Une application, éventuellement gratuite, sur smartphone te donne ta position en permanence.
Il reste à reporter cette position sur ta carte pour suivre ta navigation.
A l'ancienne, mais beaucoup plus simple que du temps des compas de relèvement et des gonio.
Pour les secours éventuels, tu seras sur une route parallèle à celle de beaucoup de bateaux (plaisance et commercial). Une aide sera tout le temps à portée de VHF. Avec ton point précis fourni par ton smartphone, les secours seront rapidement sur zone; et comme la météo sera supposée aimable, ils pourront être efficace.
Profite🌅🌬️⛵
Sur cette "route" très fréquentée, un récepteur AIS est d'une grande aide , un plus si c'est également un émetteur. Les ferries et autres cargos, et même voiliers équipés, te "voient" et se déroutent (surtout les ferries). C'est un équipement de sécurité. De nuit, il faut s'assurer que tes feux sont fonctionnels. Le plus, c'est les feux de navigation en tête de mât.
Pour la veille, si on considère que tu vois les feux des autres navires à 15 nautiques et qu'ils naviguent à 15 noeuds, tu as environ une heure devant toi . Un réveil toutes les 20mn et un tour d'horizon me semblent suffisant. Quand je l'ai fait au mois de septembre depuis Menton jusqu'à Calvi, nous étions deux et avons assuré une veille permanente la nuit. Nous avons croisé le plus de ferry en arrivant à une 30aine de nautiques de la Corse. Les GNV sont les plus rapides (25 nds mini) et arrivent sur toi très vite. Une manœuvre un peu longue d'affalage de la GV (plus de vent) et une erreur d'appréciation de la distance nous a mis en route de collision avec un GNV qui a dû rapidement changer de cap. Léger moment de panique ... Et excuses à la VHF.
S'assurer de la météo pour les 30h de nav'.
Le problème c'est que 99% des traverser se font au moteur avec appuie de la grand voile.
Etant seule tu sera au pilote toute la traverser donc tu aura un problème de consommation électrique...Ton moteur ne pourra alimenter que les feux de navigation.
Si le vent monte la conso du pilote explose.
Sans moteur inbord......
Pour les 8 retours, les atterrissages se sont faits entre le Cap Taillat et Bandol, avec également un peu de voile sur le parcours et du moteur.
Chaque fois les traversées duraient de 18 à 28 heures, selon la distance, mais mon bateau est plus grand et nous étions 2 à bord.
Comme mentionné dans ce fil, au départ, il vaut mieux piquer vers le SSE, sur une vingtaine de milles, avant de rectifier le cap, afin de se sortir du courant de Ligure, qui peut pousser vers l'ouest à environ 1 nœud (Voir les cartes).
Même sans système de positionnement, les traversées, par beau temps, ne sont pas difficiles, à l'estime. ·le 20 déc. 14:30
Bonjour FliSoub,
Comme tu demandes des retours d'expérience je fais part de la mienne à mes débuts.
Lors de ma première traversée en solo il y a bien longtemps, à bord d’un petit bateau de 6.20m,j’étais à peu près dans la même configuration que toi, quoique avec moins d’équipements. Je faisais de la voile depuis à peine un an, et je me suis fait une virée Bretagne/Irlande et retour, avec une escale aux Scilly pour l’allée, et en direct pour le retour. Je naviguais depuis environ un an en côtière essentiellement en solo, tout comme toi, mais par contre j’avait déjà expérimenté la nav de nuit ; je me souviens d’ailleurs de la première que j’ai faite lorsque j’avais décidé de faire 50 milles au large et retour en partant le soir de mon port d’attache, histoire de m’aguerrir à cet exercice de passer 24 heures en mer. Je te conseille donc vivement de faire d’abord quelques navigations de nuit en solo avant d’entamer une traversée.
En ce qui concerne l’équipement, le mien était beaucoup plus succinct que le tien puisque je n’avais ni électricité, ni gps, ni vhf, et pas de moteur, bref c’était le dépouillement, juste des cartes (je n’ai jamais fait l’impasse là-dessus), un feu de route à pétrole, et un loch, c’est tout.
En résumé, si tant est que je puisse te donner un conseil, c'est de t'habituer d'abord à la nav de nuit à proximité des côtes, ce qui est plus formateur qu'une nav au large, surtout que tu es jeune et donc certainement capable de passer une nuit sans dormir. J'ajoute aussi un truc qui n'engage que moi, c'est qu'une profusion d'équipements en tout genre, ne remplace pas un minimum d'expérience.
Bonjour Flipsoub,
Comme toi, je suis en train de me préparer à des "grandes" traversées en solo avec mon petit Django 7.50 (25 pieds). Par contre, je suis en Bretagne Sud. Je me prépare à des traversées plutôt sur 2-3 jours (Espagne, Irlande, Scilly). Cette année je me suis entraîné avec des sorties côtières sur 24h et j'en ai tiré quelques enseignements :
Je comprends que tu sais déjà bien mener ton bateau. Toutefois, si tu ne l'as pas déjà fait il faut apprendre à gérer la fatigue et les siestes de 20 à 40 minutes à n'importe quel moment sur des traversées de cette longueur, de jour comme de nuit. Pour moi, ça a été le plus dur car le niveau de stress était élevé lors des premières sorties de ce type : tu ne vois rien la nuit, il y a des cargos et des pêcheurs un peu partout, etc. Maintenant ça va un peu mieux, mais c'est là ou un AIS aide. La nuit, il t'aide à comprendre ce que tu as autour de toi et te permet de faire redescendre le stress. Il ne te montre pas tout évidemment mais il t'aide à t'endormir plus vite pour une sieste. Pour dormir, il faut te préparer un petit coin sieste confortable dans lequel tu peux dormir tout habillé et retourner à poste en quelques secondes en cas de problème.
Plus tu es proche des côtes, plus il y a de pêcheurs. Beaucoup coupent l'AIS et ne se déroutent pas pour t'éviter. A moins de 20-30 milles des côtes, je ne dors plus. Les cargos et ferries respectent le RIPAM et se déroutent très tôt et de manière visible si tu as un AIS.
Côté équipement, je n'ai pas de balise mais j'ai un transpondeur AIS, un pilote pas trop mal (EV-100) un moteur hors-bord 8cv qui recharge la batterie. Ma batterie est une simple 72AH plomb de démarrage. Elle tient le pilote toute une nuit sans problème. J'ai aussi un panneau solaire de 50W. Dans ton cas, il te faut juste quelque chose pour recharger ta batterie : moteur ou panneau. Dans le pire des cas, sur 24h, tu peux faire face à un blackout général en restant à la barre, par contre, c'est là que c'est bien d'avoir un petit GPS sur pile pour ne pas avoir à naviguer à l'estime. Un smartphone peut jouer ce rôle mais gare à l'autonomie s'il se met à chercher le réseau.
Pour la carto, la carte papier me semble très bien. Moi j'ai une tablette avec OpenCPN, elle me sert surtout à voir les cibles AIS. En pratique je ne regarde la carto qu'en approche des côtes. La tablette c'est plus pratique que les cartes papier mais c'est tout sauf indispensable.
Je me suis fait surprendre par le froid la nuit. Dans les traversées de ce type tu as de longues phases statiques ou ton métabolisme dégringole. En particulier au retour d'une sieste. Au mois d'avril en Bretagne c'est 8-9° la nuit et 100% d'humidité. Quand on a pas de capote de roof, on est très vite refroidi. Lors de ma première sortie de ce type, je ne me suis pas bien alimenté et l'équation universelle de la voile s'est immédiatement appliqué : froid + faim + fatigue = mal de mer. J'ai appris ma leçon et maintenant j'ai un bon ciré hauturier, un bonnet, des gants, les sous couches qui vont bien et je me force à boire et manger régulièrement.
Dernier point important : il faut une bonne trousse à outils et de quoi parer à de la casse à mi-chemin : marteau, scie, outils en tour genre, câble, résine, etc. Imagine toi que tu casses un safran ou même ton mât à mi-chemin et pose toi la question de ce qu'il te faudrait pour revenir sans trop galérer. A ce titre je te conseil de lire le bouquin "Total Loss" de Jack Coote et Paul Gender. Ça t'aide à comprendre à quoi tu peux faire face sur des traversées hauturières ou semi-hauturières.
Pour le trainard de Jordan, je te souhaite de ne pas en avoir besoin :-)
Un solution c'est de partir en flottille en restant en contact avec un voilier en INBORD....
en restant sur la même route tu pars 3h avant lui.
Macinagio c'est un bon port pour arriver.
Lorsque je vais en Corse en solo, je dors par tranche de 10 min (15 grand max)
J'ai un AIS, ça ne dispense pas de la veille humaine c'est une aide, très utile, mais le risque de collision, même faible existe.
A mon avis, tu peux très bien te passer d'AIS, mais si tu as un petit budget, c'est pas mal de s'équiper.
Je me souvient des traversées avant de l'avoir, on passait du temps a essayer d'identifier les rafiots aux alentours avec les feus, et c'était pas évident parfois les feus de nav sont noyés dans plein d'éclairage et on ne les voit pas, du coup difficile des avoir si le bateau te vient dessus ou pas. Remarque ça occupe les nuits.
Pour la nuit en mer, tu verras, la première surtout si il fait beau, et encore plus si tu est à la voile, c'est magique avec toutes les étoiles et cette sensation de sentir le bateau avancer seul dans la nuit...
En fait le plus gros risque de cette traversé c'est de chopper le virus et de vouloir y retourner au plus vite, alors les petites dépense que tu peut faire pour la première, ça sera sans doute encore utile après. Même si je répète, pas d'obligation, tu peux très bien faire sans ça, tu sais faire.
Le trajet que j'avais adoré en solo c'est Toulon - Bastia. Parti en fin de soirée en attaquant la nuit direct, puis une deuxième nuit juste avant de passer le cap et la Giraglia au petit matin brumeux, sous voiles par une brise légère, sans un bruit et pour couronner le tout, les dauphins qui m'escortent pour la redescente du cap jusqu'à Bastia ... J'en rêve encore ! ça fait (trop) longtemps que je n'ai pas fait ça en solo et ça me manque.
Sur ce trajet vers Bastia par contre il y a un peu de trafic, ferrys et cargos, mais rien de dramatique, c'est pas le rail en manche.
Et comme dit Flora, une voile légère de petit temps (un geenaker), ça change la vie !
Bon, c'est un investissement c'est sur, faut avoir un budget.
On trouve parfois de belles voiles en occasion ou en neuf à prix réduit, par exemple sur le site microsailing, c'est la que j'ai acheté mon geenaker et mon solent (neufs) .
Bon, quand y'a pas de vent ... y'a pas de vent, je me souvient il y a longtemps, on était en attente pour le retour à Cargèse il y avait du vent mais ma skipette n'avait pas voulu partir, elle voulais profiter encore et/ou trouvais qu'il y avait trop de vent? Comme elle à souvent raison (ne pas lui répéter 😉) on à attendu, puis il était temps de retourner au boulot et on est parti un jour sans vent avec une prévision de petite brise pour le large. Et bien la petite brise n'est jamais venue, LA pétole comme on dit, on à démarré le moteur pour sortir du mouillage et on ne l'a éteint qu'une fois amarré à Toulon ... frustrant, mais bon c'est les vacances, ça fait des souvenirs...
Allez, je vais y aller de mon couplet.
Je n'ai pas traversé en solo, mais c'est tout comme : ma femme était sur la couchette avec la bassine à côté d'elle (depuis, elle a fait des progrès).
Now très bien décrit la sensation et le bonheur de naviguer pour ainsi dire librement.
J'ajouterais bien la lueur des méduses derrière le bateau, souvent, la nuit.
Pour le reste : la traversée fait grosso-modo 90 milles depuis (ou vers) Calvi, un peu moins si tu vas vers le cap Corse. Tu es dans le semi-hauturier, pas besoin de balise, et un radeau 24h est suffisant.
Tout le reste est superflu pour une traversée aussi courte, même si quelques équipements peuvent apporter du confort, selon le caractère de chacun (ma femme adore l'AIS, ça lui permet de vérifier que les trois lampions rouges qui se suivent à l'horizon ne sont pas un porte-avion, mais trois voiliers qui font une route parallèle à la notre - rigolez pas, c'est vrai).
La gestion du someil n'est pas vraiment un problème, on peut tenir 24 h sans dormir, et il y a de fortes chances pour qu'avec ton bateau, tu ais traversé en 24 h (ou moins).
Sinon, comme dit Now : quand tu éprouves le besoin de dormir, tu fais un tour d'horizon pour bien repérer tous les bateaux, tu t'accordes un roupillon d'un quart d'heure / 20 minutes si tout va bien, tu fais un tour d'horizon au réveil pour tout contrôler, et tu peux recommencer comme ça autant de fois que tu veux tant qu'un danger potentiel ne se pointe pas.
Pour les équipements, n'oublie surtout pas une bonne lampe frontale (j'ai une Petzel à trois puissances d'éclairage en blanc, plus rouge) : non seulement ça permet de voir, mais ça permet aussi d'éclairer les voiles et de se faire voir. Ca m'a évité une probable collision.
Hello,
Si tu peux choisir une nuit avec une pleine lune c'est beaucoup plus cool et moins "effrayant" pour une des premières nav de nuit.
Si tu t'entraines à faire des nav de nuit en côtier dis toi bien que c'est beaucoup plus stressant qu'au large: des lumières partout, des phares, du trafic maritime, des casiers... Au large si la météo est bonne c'est beaucoup plus calme.
On a remarqué que l'axe Port-Cros / girolata est peu fréquenté par les carferry et cargo. Les routes de ces derniers c'est Toulon/Calvi Toulon/Ajaccio ou Marseille/ Corse. Il vaut mieux couper leur route à angle droit, au moins c'est rapide et net plutôt que de les avoir en parallèle pendant un moment.
Pour l'énergie il faudrait que tu aies un panneau solaire, même un souple que tu peux stocker facilement contre une paroi à l'intérieur. En Corse ce n'est pas le soleil qui manque et tu seras plus serein avec moins de moteur. À choisir il vaut mieux investir dans un panneau qu'un AIS, ça te servira toujours même en côtier et au quotidien. L'AIS c'est top mais ça ne te servira que pour les traversées et surtout la nuit.
Si tu ne connais pas la côte et les mouillages charge Navily, ça va t'aider à choisir tes étapes.
Amicalement.
FX
Tous les aventuriers inconscients et irresponsables qui ont fait la traversée Continent- Corse ou celle entre la Bretagne et l’Irlande dans les années 60 et 70 sont soit morts à cette occasion, soit en train d’errer sans fin loin de toute terre. Ils n’avaient ni GPS, ni systèmes de repérage autre que la Gonio, pas de moyens de communication.
Tous ceux qui sont morts plusieurs fois de suite pour avoir effectué de nombreuses traversées seront là pour le confirmer.
La conformité réglementaire, vaste sujet. En rade de Marseille, rade d’Hyères, baie de Cannes… les contrôles existent. A ne serait-ce qu'à 10 milles des côtes, peu de chances de rencontrer la Gendarmerie Maritime. La question se pose surtout en termes de responsabilité, si l’on ne navigue pas seul. Pour ma part, c’est Epirb, radeau à jour, VHF fixe et portable…
La veille est un vrai sujet. En Méditerranée, en plein mois d’août, au-delà de 5 miles des côtes, dès que l’on sort des « rails », des routes directes de navigation des ferries et des – rares - plaisanciers qui font la traversée, on ne rencontre personne. Pas de quoi dormir, certes, mais on peut somnoler.
La base, c’est un bateau sain, entretenu et réparable et des prévisions météo favorables. Une traversée au moteur, ce n’est pas de la navigation, une remontée face à une queue de Mistral, c’est moyen.
Mais FlipSoub prévoit bien de louer une survie.·le 18 déc. 18:04
Vous n'avez pas de chance dans votre vie.....je nais jamais présenter les papier de mont bateau en dehors des ports au autorité.
Jamais aucun contrôle a bord de l'équipement
Jais eu plusieurs fois des contrôle de l'assiette de mon bateau en rentrant des baléares avions et hélico....mais c'es tous.
Arrêter de BAVACE....
Balise ou pas balise, AIS ou pas AIS, à chacun de gérer selon ses envies et son sens du respect des différentes législations. Je ne suis pas forcément un exemple en la matière.
Un petit conseil qui ne coûte rien par contre: pour des navigations de 24 heures environ, partir en milieu ou en fin d'après-midi. Cela permet d'arriver dans l'après-midi ou au plus tard en début de soirée le lendemain, et donc de ne pas traîner inutilement toute une journée à attendre le soir pour se coucher et enfin récupérer sans trop se décaler.
Lors de ses traversées Paul De Meerschman avec son petit Challenger Horizon d'à peine 7 m utilisait une ancre qu'il balançait à l'arrière avec une chaine et réglait la longueur suivant les besoins et celà stabilisait bien son petit voilier. Non sans prier qu'un requin la prenne pour un rapala !
L'ideal c'est d'arriver au petit matin en ce faisant tire par un phare.....
L'aller, c'est généralement facile. La météo est connue, et tu partiras généralement avec des thermiques et si tu as un peu de chance, un petit vent dans le bon sens, qui tombera souvent un moment ou un autre.
Evidement, tu éviteras de partir avec du mistral, et même juste après pour ne pas te retrouver dans une belle houle sans vent avec ton petit bateau.
Tu embarqueras suffisamment d'essence pour la traversée, soit 2l/h et donc une 40aine de litres. Tu peux la faire entièrement a la voile, mais la dernière fois que je l'ai fait, j'ai mis trois jours pour rentrer. En vrai, j'ai du en faire moins d'une dizaine entièrement à la voile. Généralement le tiers, parfois plus.
Je te conseille une nav cotière jusqu'à Porquerolles ou Camarat, et de là, tu traverses en visant entre Ile Rousse et Cargèse selon le vent et tes envies.
Le retour est généralement plus compliqué. Tu es souvent face au vent ou au près. Avec de la houle s'il y a, comme souvent, du mistral ou de la tramontane après Marseille.
Maintenant, je traverse généralement pour le retour entre Ile Rousse et Menton. C'est 80 milles, généralement sans vent, mais ca t'évite de te faire cueillir par 25nds plein dans le nez au large de Camarat comme cela se passe trop souvent. A Menton, il y a un mouillage sympa devant la ville et c'est très éclairé, donc facile d'y arriver de nuit (si tu pars le matin, tu y seras autour de minuit).
Aucune difficulté particulière dans la nav aller comme retour. Les ferry ne sont pas un problème. Il n'y en a pas tant, et il y a du monde à la passerelle. Ils se détourneront s'ils pensent passer trop près.
Tu auras des pécheurs en arrivant en Corse et aussi tu traverseras la route des cargos qui vont de Gênes au Magreb. Il n'y en a pas tant non plus, mais il faut les surveiller.
Perso, j'aime partir dans la matinée, quand les thermiques se lèvent. Ca fait toujours 20 milles avec un peu de vent. Et tu arrives, effectivement mort, au petit matin dans le sens aller. Dans tous les cas, tu as une nuit à passer en nav. Tu peux commencer par elle, et alors tu devras tenir la journée qui reste avant d'arriver, où finir par elle, et t'effondrer dans ta couchette après avoir mouillé.
Aucun risque de te perdre, même sans GPS. La Corse fait 100 milles de long, elle est haute, et tu l'abordes par le travers. D'autant que tu la verras à 30 milles, parfois un peu plus, parfois un peu moins. Tu peux effectivement te faire tirer par un phare, et la Revellata est là pour ça, mais ce n'est pas obligatoire, Calvi n'est pas le meilleur coin de Corse.
Souvent, tu vois les sommets au dessus de la brume d'été avant de voir la cote. Regarde haut.
Le nord est montagneux, le sud plus doux, avec des grandes plages de sable.
J'ai laissé tomber l'accès au port. Je vais de mouillage en mouillage et il y en a des centaines, et tu trouveras souvent des superettes pas loin (Ile Rousse, Galéria, Sagone, Porto Polo...). Tu seras plus ou moins entouré de bateaux, tu verras vite que tout le monde va quasi au même endroit et qu'il y a d'autres choix plus sympa souvent juste à coté.
Surveille la météo quand tu y es. Il n'y a pas tant d'abri sur contre un gros mistral par exemple, et tu dois parfois le chercher à une quarantaine de milles. Il faut le temps d'y aller, mais n'hésite jamais. Si un truc s'annonce, va te mettre à l'abri et ce n'est pas forcément au port. Porto Polo au sud est un super mouillage pratique dans ce cas. Fiume Santo au nord aussi, et tu peux rentrer dans la rivière. Sagone est aussi abrité.
Il y a aussi les orages, et perso, ca fait des années que je rentre avant le 15/8 à cause d'eux. Il y en a beaucoup moins avant.
Il n'y a généralement pas d'est en été.
Si tu pars de Porquerolles ou de Camarat, tu auras toutes les chances de croiser des Rorquals dans le premier tiers. C'est toujours sympa.
Trouves toi un petit panneau solaire, genre 90w et tu seras autonome pour l'électricité. Et prend un bidon pour recharger en eau, tu n'auras pas à aller au port pour les nuits. Evidement, une petite annexe pour débarquer faire les courses et visiter.
Ok avec Flora, une voile d'avant de petit temps, sur un petit bateau, te fera avancer avec pas grand chose comme vent. Il n'y a pas que la traversée, en Corse en été, il y a généralement peu de vent entre Galéria et le cap Muro.
Si tu y prends gout, va jusqu'à la grande place d'Erbaju (ouest de Roccapina). T'en auras plein les yeux. Gignhu aux Agriattes vaut aussi la peine et c'est moins loin.
la découverte de la Corse par la mer, c'est un truc bien cool.
Whaou
Ca y est, j'ai envie de partir demain !!!!!!!
Merci pour tous ces partages hyper constructifs : ce petit Everest personnel (disons le Mont Blanc...) prend des allures bien plus accessibles !
Il me reste les mois d'hiver pour peaufiner tout ça !
Mais je sens que ça va me gratter partout, tout le temps !!!!!
Bonjour
Je n'ai rien a ajouter a Erendil, je fais pareil.
Sète Porquerolles Port Cros puis traversée entre Port Cros et Levant jusqu'à Girolata, route avec peu de bateaux et beaucoup d'animaux.
Départ fin de matinée pour arriver au lever du jour avec les dauphins.
Accueil super sympa a Girolata par l'équipe du port. Petite sieste puis premiere Pieta et saucisson de la petite epicerie. C'est le début des vacances et je rentre vers Cannes St Raphael puis côtier back home.
Je n'ai qu'un ais récepteur et ça me suffit.
Navily me donne touts les infos pour les escales.
Bonne préparation, amitiés
Pascal
Je crois que tu sais tout.
Mais je vais rajouter mon petit grain de sel (un de plus)
Plusieurs personnes ont dit , "tu arrives le matin naze" mais ça n'est pas une obligation. Si pendant la nuit, et même avant comme bien expliqué par Calypso, tu prends un rythme avec une sorte de routine.
- Point sur la carte, vérifier les instruments, tour d'horizon (Visuel à 360° en prenant son temps), régler le réveil à 10 ou 15 min, couché. (pas forcement dans cet ordre, l'important est que le tour d'horizon soit régulier)
- Réveil, boire un coup (de l'eau) puis rebelote la routine ... tour d'horizon, etc, etc,
Le tour d'horizon, c'est même si tu as un AIS hein, si tu te cognes un autre bateau c'est ta responsabilité !
Au bout d'un moment, tu te réveille même avant que le ça sonne. Si tu n'arrives pas à t'endormir c'est pas grave, repos pendant le temps alloué. Au bout d'un moment tu t'endors facile Et pourtant à terre je suis du genre à avoir du mal à m'endormir.
et ainsi de suite, alors si tu arrives à te faire à ce rythme (ça ne convient pas à tout le monde), tu verras que tu arrive en bonne forme. Il m'est arrivé de partir crevé en soirée et d'arriver plus en forme qu'au départ, après deux nuits en mer, on à le temps de se reposer en mer.
Pour l'anecdote, une fois sut Toulon-Ajaccio en solo avec mon Biloup, ma femme et ma fille était déjà en Corse, on c'était donné RDV à Ajaccio tel jour. J'ai fais le trajet à la voile depuis Toulon et elles en train depuis Calvi. En arrivant, j'ai eu juste le temps de tourner les amarres et d'aller les chercher à la gare pour les accueillir à l'arrivé du train et bien j'ai eu droit à "on est crevées ce train est pas confort ... blabla, et toi?" "Ben moi nickel, je viens de faire 27h de nav je suis en pleine forme ! " Elles étaient nazes, Il a fallut que j'ailles chercher les pizzas moi même 😁🤣
On croit que cette technique de dormir par petites tranches est réservées aux coureurs au large, mais en croisière, ça marche vraiment bien, surtout sur des petites périodes comme ça, j'ai pas testé sur de longues navs, deux nuits d'affilé à été mon max, mais il me semblais que je pouvais continuer comme ça encore un moment.
Bon, c'est malin, ça fait des années que j'ai pas fait ça, j'ai envie d'y retourner, si ça se trouve j'y arriverais plus 🤣😁
c'est pas très sympa de nous donner à tous l'envie d'y aller en plein milieu de l'hiver quand on bosse 😄