Retour de grand voyage (bilan)

GdE le 11/29/2007

Retour de grand voyage

Salut à tous !
Ça fait un moment que je veux écrire ce post, qui je pense intéressera du monde : le retour de grand voyage.
Un rapide historique d’abord :
Nous sommes partis en famille (Couple + 2 pitchounettes de 2 ans ½ et 4ans ½ au départ)
Projet : Grand tour (sur 3 années, éventuellement tour du monde)
Voilier de 12m (Via 42) dériveur intégral en alu des années 80
Budget prévu : location de notre maison, soit environ 1000€ par mois.
Niveau boulot : Michel a été licencié (fermeture de la boîte), moi je m’occupais des enfants (donc pas de problème). Nous n’avons pas touché d’ASSEDICS ni d’allocations pendant le voyage.
Ecole : nous avons choisi de ne pas prendre le CNED. Attention, je précise que nous sommes partis en mai et que notre aînée entrait au CP en septembre (avant ses 5 ans, je sais). Donc école à bord régulièrement et sérieusement !
Etat des finances au départ : maison finie de payer, bateau acheté et équipé sans crédit, 24000€ de côté pour le retour (Soit 2000€ par mois pendant un an, pour trouver du boulot sans stress)

Nous sommes finalement rentrés en avion au bout de deux ans, le bateau restant en Amérique Centrale, car , tout simplement, notre locataire est parti. Nous avons donc profité du fait que nous pouvions récupérer la maison pour rentrer. Nous voulions faire une pose, travailler un peu, scolariser les miss, entretenir notre maison.... Autre raison qui a favorisé le retour, un problème de santé de la plus jeune (non vital ni urgent) qui doit subir une opération (lourde).

Bilan au retour :

Projet : 2 ans pour un tour de l’atlantique c’est bien, moins c’est court ! Nous pensons continuer en 2008 vers le pacifique.
3 ans pour un tour du monde, c’est beaucoup trop court !

Bateau : Nous sommes contents de notre choix : dériveur (particulièrement dans les cayes du bélize, les eaux de l’orénoque…)même si ce choix n’est pas indispensable. Inconvénient, le près, bien sur !. Quant à l’alu, c’est un bon matériau qui rassure par sa solidité. Par contre, un bateau, ça demande énormément d’entretien, surtout les « vieux » voiliers. On estime à 2h par jour en moyenne les travaux d’entretien courant (je ne parle pas des grosses casses imprévues !) Cela dit, vu notre budget de départ, c’était un très bon compromis.

Budget prévu :
Impossible de tenir le budget au départ, à causes des besoins du bateau. Nos besoins familiaux restent stables, mais les besoins du bateau fluctuent énormément. Nous tournons à 1400€ de moyenne par mois, sans faire d’excès ! Par contre, sur la deuxième partie du voyage, une fois arrivés sur l’Orénoque, puis en Amérique Centrale, nous ne dépensons presque rien , vu qu’il n’y a rien à acheter ! comme l’état du bateau est stabilisé maintenant, nous bouclons finalement le budget (nous avons vécu sans nous priver en dépensant moins de 500$ par mois en moyenne sur cette période ). Cela dit, quand on passe 1 mois aux îles Aves, forcément, on ne dépense rien, il n’y a aucun mérite. Nous vivions avec un gros stock de frais : pamplemousses (conservation fantastique), pommes de terres, oignons et bananes, beaucoup de pêche, et un stock de vivres longue conservation (conserves, riz, pâtes, farine pour le pain…) .

Ecole : Nous avons donc comme prévu instruit nos filles à l’aide des livres et cahiers embarqués au départ ou apportés par la famille en visite. Nous avons la chance d’avoir des enfants qui aiment apprendre, cela c’est donc très bien passé.
Nous sommes rentrés en mai, et les filles ont été acceptées immédiatement dans leur ancienne école. La petite est allée avec les enfants de son âge, la grande avec ses anciennes copines.
Bilan, aucun problème d’intégration, ni de niveau scolaire.

Boulot : J’ai pour ma part (je suis dans l’informatique) trouvé un boulot (mi temps) en juillet et un second mi temps en septembre. Je suis donc à temps plein en ce moment. Quant à Michel, sa spécialisation (chercheur) fait que nous savions qu’il ne pourrait que difficilement trouver un travail (intéressant où il utiliserait ses compétences) autour de chez nous. Nous avons donc fait ce choix en rentrant : c’est moi qui travaillerai au retour et Michel qui s’occupera de l’intendance. Il a un boulot qui l’attend au Luxembourg, mais nous préférons cette situation pour le bien être des enfants et car notre maison est ici ! D’autant que nous allons repartir en 2008…
Nous avions pas mal de crainte quant à nos cvs : vu qu’on a pas travaillé pendant deux ans, comment cela va t’il être perçu ?
Dans certains cas, c’est rédhibitoire (par exemple dans le domaine de la programmation).
Mais dans la très grande majorité des cas, c’est neutre, voire bénéfique ; Le chômeur de longue durée est très mal perçu, mais nos Cvs montrent que nous sommes « actifs » ! Les recruteurs veulent avant tout des gens qui s’investissent dans ce qu’il font. Je précise que nous habitons en Alsace et que donc les marins au long cours sont parfaitement inconnus ici…

Etat des finances : en hausse . Nous n’avons touché à notre pécule que pour payer nos billets d’avion (3500$ aller retour, quand même). Mon travail les a remboursés, et nous économisons en ce moment. Nous pouvons donc repartir !


Voilà, c’est un résumé de la situation. Si vous avez des questions, n’hésitez pas !

GdE





Les derniers commentaires :

Missing
semeda
2 ans en famille en Atlantique
Bonjour,

Nous aussi on voulait faire un post sur ça, mais le temps le temps !!!

Partis en Août 2006 pour un tour complet.
Quelques problèmes familiaux nous ont fait rentrer plus tôt. aprés deux ans voici un petit bilan.

1200 euros par mois à 4 c'était correct mais sans plus. La zone de nav influence beaucoup le budget. Gib et les Acores c'est quasi la France en termes de miam. les places de ports sont en core plus chères que certains ports de Corse.
Les jolis mouillages commencent à disparaître sauf Graciosa, ile de rêve, mais pour combien de temps?

L'afrique ça va si on s'échappe de Dakar et que l'on navigue en Casamance ou en Gambie.
Le Brésil reste trés intéressant mais la Guyane et les Antilles c'est la mort du petit budget.

Filez sur le Vénez et le Panama reste une solution, ou descendre sur l'Argentine.

Prévoyez un casier et un filet de 25 mètres pour être autonome.Faire des bocaux quand c'est pas cher.
Reste les imprévus d'un voilier de 10 ou 15 ans qui aura un hauban faiblart ou un alternateur cramé ou un guindeau qui lache. Donc bateau le mieux préparé possible car en afrique les ships ne sont pas encore à chasser le client.

Effectivement voyager aujourd'hui c'est avant tout payer des droits et taxes et des assurances, et une survie et des impots. Mais quel plaisir de découvrir les hommes et la nature.

dimanche 27 décembre 2009 15:43
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le monde change
Bonjour à tous,

Je voudrais pas faire mon rabat joie mais la navigation change: avec l'arrivée dans les ports des papy-boomers rentiers d'amérique ou d'ailleurs le propriétaire de voilier est devenu une cible privilégiée pour les requins de toutes espèces, ça complique la vie et ça fait exploser le budget des plus raisonnables. Il fut un temps où l'on pouvait naviguer dans un esprit "typically french", sur des "gamelles" en acier plus ou moins peintes et faire croire aux autochtones qu'on était moins riches qu'eux, suscitant leur admiration et leur générosité. Ca a donné lieu à pas mal d'excès (dont ceux d'un célèbre chanteur français qui a laissé des ardoises et des souvenirs mitigés ici ou là, pardon pour l'iconoclastie), et collé une étiquette de "pirate" aux navigateurs français dans le monde entier, image que payent aujourd'hui les utilisateurs de tupperwares high-tech (ou high teac pour les plus riches).
Bref, on échappe difficilement à la taxe de ceci ou cela, au permis de ça et il faut dans de nombreux ports comme dans les troquets parisiens payer en plus de la place à quai pour aller faire pipi.
Pour autant, ce qui coute le plus cher dans la navigation c'est le bateau lui-même, quelque soit son programme (eh oui les bateaux s'usent aussi au mouillage surtout si ceux ci sont un peu rouleurs). Une chose est certaine: plus ou s'éloigne de la civillisation et moins on paye, pour une saison en méditerrannée de marina en marina on peut naviguer dix ans à Madagascar ou aux Tonga, encore faut il avoir les moyens d'aller jusque là.
Pour ma part mon expérience autour du monde m'a montré qu'on dépense en mer à peu près deux fois ce qu'on a prévu au départ, la première année, pour arriver au budget initial à partir de la deuxième année... à condition de tenir jusque là.
Tout ça pour dire que le meilleur moyen de navuguer longtemps est d'avoir appris à se servir de ses mains avant de partir, compétence qui permettra de nombreuses économies de main d'oeuvre sur les réparations, mais également de gagner quelques sous ici ou là sur la route du bonheur.

lundi 25 février 2008 16:09
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Vero
Bonour à GdE rencontré à Graciosa
et merci d'avoir eu le courrage de faire le bilan...
Ce n'est pas notre cas ni sur notre site ni sur HEO... désolée.

Qu'importe le budget, le rêve n'a pas de prix et le principal est de pouvoir le réaliser.
Cela a été notre cas pour un budget d'environ 1500 euros mensuel caisse de bord, entretien réparation et hivernage à Québec, 2 adultes et un enfants de 6 ans pendant un an.
On a tenu notre budget initial sans nous priver et en profitant au mieux de notre voyage et nous en gardons que de bons souvenirs.
La seule chose qui nous a manqué ce sont les couleurs de l'automne...

Nous avons recontré beaucoup d'autres bateaux, 2 jeunes avec 5 euros par jour d'autres avec des budgets plus importants.

A chacun son rêve et le plus important est de vivre au mieux avec ses moyens, partir, revenir, ne pas revenir, continuer vers d'autres projets...

Tout simplement savoir respecter et apprécier le rêve de chacun.

Véro
Atacapoum


vendredi 21 décembre 2007 18:14
Missing
thp44
bonjour a
ANNE GAËL, MICHEL et les petiotes si vous passez a port lavigne il y a toujours une petite place sous la bâche
vendredi 21 décembre 2007 00:11
Dyer_42_16_jan_2011
ganzi
Reflexion apres 2 voyages
Pour ma part, je suis parti 2 fois, et j'ai fait a peu pres la meme betise a chaque fois:
- economise sur le matos avant le depart; les bateaux ont tenu sans pepin majeur, mais dans les 2 cas au retour il m'a fallu investir pour revendre le bateau (peinture, nveaau genois...) et j'aurais bien mieux profite du canot si j'avais fait ces travaux avant de partir.
-ete radin lors du voyage: et une fois revenu "a terre", on regrette de ne pas avoir ete un peu plus audacieux, de ne pas avoir visite tel ou tel truc meme si ca veut dire louer une voiture, socialiser un peu plus, etc... On arrive a refaire sa caisse, mais le temps et les opportunites perdues, elles, ne se ratrappent pas.
Moralite, je pense au'il faut prendre un peu plus de risque avec les sous.
mercredi 12 décembre 2007 00:19
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