Abandon du navire : réflexion à propos du matériel

Equipage le 11/24/2006


Voici la liste du matériel de survie prêt à l’usage sur Pilgrim.

Il va de soi qu’il n’est pas question de proposer une règle, d’autant que nous sommes parfois en contradiction avec les textes en vigueur, même récents, mais juste un point de vue, que nous pensons adapté à nos besoins .

Peut-être pourra-ce donner des idées ou susciter des échanges…

L’idée directrice pour son élaboration était de répondre à 3 questions :

A) De quoi meurt-on en mer en situation de survie ?

Réponses : noyade, hypothermie, déshydratation, puis viennent faim, traumatismes et pathologies de complications

B) Qu’est-ce qui rendrait la situation moins inconfortable ?

Autrement dit lutter contre le stress, le froid, la chaleur, l’humidité, le mal de mer, l’inaction .

C) Comment se sortir de là ? ( au bout d’un moment, il paraît qu’on s’en lasse)

Idéalement par nos propres moyens (survie dynamique), pas encore mais presque mais pas encore .

Donc moyens d’alerte et de repérage .

Dans l’ordre des priorités, sont débarqués :

1°) le radeau de survie

abandon du navire reflexion a propos du materiel

c’est le point faible du dispositif, à notre point de vue.

Dans le vieux débat entre les statiques et les « qui avancent », les arguments retenus sont :

- tout va mieux dans l’action, même minime, tant psychologiquement que physiquement.

- Il est plus facile de rendre un canot statique que de transformer un radeau de survie en objet navigant lorsque le salut est proche

- Dans l’esprit, nous préférons compter sur nous-même aussi longtemps que possible…

L’idée est de le remplacer par une annexe de 3 mètres en polyester comme vue sur le sloop d’Arnoldo à Tenerife :

Pourvue d’un gouvernail et d’une dérive

Entièrement recouverte d’une bâche étanche (ou presque) , amovible

Pouvant se mouvoir à la rame ou à la voile, avec le tourmentin, ou un gréement d’optimist, ou un wishbone, … .

Le plus séduisant dans l’histoire est bien sûr son double usage, puisque, en tant qu’annexe, elle est déjà bien en main…

2°) balise Mac Murdo

406/121.5 Mhz

800 euros quand même

3°) le bidon bleu dit « de communication »


abandon du navire reflexion a propos du materiel


A une époque où il y a plus de gens qui parlent que de gens qui écoutent, mieux vaut multiplier les moyens d’émission…

appelé ainsi pour la couleur de son couvercle étanche, relié à un mousqueton à émerillon.

Contenance 25 litres

4 fusées périmées (2 fumigènes, 1 feu à main, 1 parachute)

1 téléphone satellite Motorola 9500 système iridium fonctionnant (très bien avec sa seule antenne) sur batterie rechargeable, payé 500 euros sur e-bay

1 vhf portable et son socle de charge

1 gps portable à piles rechargeables

1 miroir

2 lampes étanches

2 couteaux

1 couverture de survie

1 chargeur solaire avec multi-prise (Lafayette model ES884), 18 euros pouvant charger vhf et gps ainsi que les piles des lampes .

4°) le bidon rouge dit « bidon-restaurant »


abandon du navire reflexion a propos du materiel


50 litres

aliments énergétiques, conserves, ouvre-boîtes, couteau,

thermos 2l

dessalinisateur à main 1l5 par heure trouvé pour 80 euros sur e-bay, fonctionnant à merveille

mini-pharmacie : anxiolytique ( Xanax 0.5 sécable ), anti-vomissements ( domperidone 10mg cp), anti-mal de mer (Stugeron cp), injectables (adrenaline, atropine, valium, corticoïdes)

pas de pansements (déjà contenus dans le radeau)

crème Nivéa

sacs poubelles, en guise de sanitaires ( !)

5°) un sac étanche et flottant

vide, contenance 30 litres environ destiné à emporter serviettes vêtements papiers

lunettes de soleil, chapeaux

6°) en vrac et si le temps (et le temps) le permettent :

combinaisons néoprène

engins flottants, harnais

annexe

eau douce en jerrycan

aliments complémentaires

mallette de fusées non périmés

Evidemment, le plus important est que tout soit prêt à l’heure H.

La balise est dans la descente, le bidon rouge accroché solidement (mais non souqué !) au balcon arrière, le bidon bleu près de la table à carte, l’annexe est sur bossoir prête à descendre, avant ou après la survie qui est accrochée au tableau arrière.

A noter qu’il n’est pas prévu de matériel de pêche, ni ligne ni harpon, cette option nous paraissant plus qu’aléatoire, voir l’expérience de Spinelli sur son radeau en méditerranée pendant un mois, et d’autre part il existe un kit de pêche, succinct il est vrai, dans le radeau…

Voili voilou, pour les travaux pratiques, on va essayer d’attendre un peu…

Gatsby, Tarrafal de Santiago,le 23/11/06


Les derniers commentaires :

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j'oubliais
pour vous fouttre le moral à zéro :
-irridium, sarsat et tout le toutim c'est bonnard, mais faut que les secours, après vérif qu'il s'agit bien d'un véritable appel de détresse, soient déclanché par le pays d'origine, ton drapeau quoi... qui demande alors, suivant où tu te trouves qu'on veuille bien aller te chercher, blablabla. Avec la plantée de tire la godasse d'énaques qui trainaillent dans nos bureaux en ce moment, il manquerait plus qu'un imbécile genre Obélix & Compagnie fasse un léger calcul de rentabilité du style :
un mec d'un PNBI de 35.000€ - dix heures d'hélico - les 2 heures de téléphone (non c'est vrai je suis con, c'est inclus dans le forfait) - le rappatriement sanitaire par air cargo -... = pas rentable.
Voyez y a intérêt à voter efficace :-D :-D.

Non j'déconne c'est pratiquement automatique, mais ça prend aussi du temps, le contrôle en fait.

PS : pour voter efficace, votez hier (ouais je sais, c'est au moins aussi bon que votez tons)... mais je suis en plein irvin (je te retrouverai) pour combattre le mal du pays :-D :-D :-D.
mardi 28 novembre 2006 00:58
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cool
c'est pas pire.
J'ai remplacé les lumières à pile par les diodes à manivelle : ça fait de l'exercice et ça éclaire vraiment. il faut des piles neuves pour tout ce que tu embarques dans les sacs étanche. Une montre et une calculette, des photocopies de comment calculer les éphémérides (dernières pages des HOs) et des HOs à peu près à jour + un sextant plastoc.
De quoi écrire (papier , crayon) des trucs qui fonctionnent même à l'eau de mer (du 2B avec du gros papier kraft...). Tu devras faire ta route toi même si le gps n'est plus là.
Le dessal à main est quasi obligatoire pour le moral : savoir qu'on crevera de faim en pissant dans son froc, c'est mieux que de se demander qui va te bouffer non ?
l'annexe etc... grand débat, lu , vu et revu, corrigé... même le truc anglais moche au possible qui fait annexe, voile, dérive... c'est pas encore vraiment ça. Je pense qu'un des meilleurs plan c'est la rib (même petite, elle offre un léger plan de dérive et t'isole un peu du froid) avec cerf-volant et dérive façon totor si t'as un peu de bois en trop. Pour le cerveau lent, le kite et son attirail ont l'air d'en séduire plus d'un si 10 à 20 noeuds (c'est le cas dans les alizées). Faut se bricoler le harnais ou s'attacher dans le bateau pour assurer le coup.Je vous dirais ça au printemps, après une initiation au bouillon :-D :-D.
Si tu as le temps de l'embarquer, un moteur hb peut servir à 5 miles des côtes.
Pour les sacs de survie : prévoir des vêtements manches longues et chapeaux ou capuche (deshydrate), mais léger. Sur even, on a des trucs ridicules à rayure avec capuche incorporé et fluos !!! pas risque qu'on nous confonde avec les fraises des bois. Les combines ok.
Pour la bouffe, des barres energétiques essentiellement maxi calorique. DEs hameçns indispensable. Laisser un peu de plancton pour avoir le premier krill puis les poissons bouffable.
Pour le moral : se persuader que personne ne viendra et que ce sera très long ==&gt ainsi tu prépares mieux ton sac et tu as moins mauvaises surprises :-) .J'ai vu à la téloche ya pas longtemps (c'est chouette la famille hein ;-) ) un truc avec un mec qui voyait passer au moins 5 cargo dans le rail avant d'être sauver : c'était un pêcheur (le seul rescapé) en pleine manche avec une équipe de recherche au dessu sde sa tête et ça a durer 8 ou 10 heures avant qu'il ne le retrouve !! imagine-toi un peu plus remote. C'est pour ça que le truc communication... je fais le même, mais je compte absolument pas dessus et j'essaierai dès que je peux de me demerder pour savoir vers où je dérive et où je peux aller.

Le vrai fond du problème c'est le temps que va te prendre ton bordel. Pour nous, c'est tout sur le pont (survie, annexe au bossoir couteau à poste, sacs étanches liés à la survie par de longs bouts en polypropylène) + un sac étanche encore ouvert pour mettre les cartes , le gps portable qui sert à la nav (juste à côté de la descente) et tout ce qui traine. Pour les navs courtes, on fait les idiots : la survie sur le pont et l'annexe àau bossoir c'est tout... c'est particulièrement con, mais j'arrive pas à me motiver pour avoir tout ce bordel en permanence.

Au fait, le plus important : papiers d'identité et cartes de crédits... ça peut aider..... après !
mardi 28 novembre 2006 00:31
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Coco_n_Co
Gatsby, c'est pas trop mal
Non je blague, c'est une très bonne réflexion, je vais probablement faire la même chose.
Je me permets juste un petit commentaire à propos de la survie active. Vouloir naviguer avec son canot de survie lorsque l'on a dû abandonner son navire est une excellente initiative (autre débat)... Attention de le faire savoir !!! Les secours aériens et les autres chercheront à priori un canot à la dérive. La zone de recherche sera déterminée par la position initiale de la détresse (ou par la dernière position connue et trajet prévu) à la quelle on appliquera un modèle de dérive d'une embarcation classique à la dérive. En raison des faibles portées radar et/ou visuelle sur ce type d'embarcation, l'avion fait des passages très serrés. Il en découle que la zone couverte est "petite". Il a de fortes chances pour qu'un canot de sauvetage navigant ne se trouve pas dans la zone définie pour une survie classique. Donc, je me répète, il faut impérativement que le coordinateur des recherches (CROSS, MRCC...) soit au courant de la présence d'une survie navigante. Comment ce coordinateur va t'il définir une zone de recherche sur un canot qui avance et se dirige, c'est une autre question. Evidemment il y a l'Iridium et le GPS... C'est sans compter sur ce vieux Murphy et sa loi débile. Lors d'un des derniers sauvetages au quel j'ai pris part (c'était mon métier), dans l'affolement général, un membre de l'équipage a fait tomber l'Iridium à l'eau...

Marc
lundi 27 novembre 2006 19:00
Missing
Grincheux
une question
pourquoi pas de materiel de peche ou, tout du moins, un filet a plancton?
lundi 27 novembre 2006 16:36
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daniel13/73
y
en a un qui connait l'helico!!!
un autre qui connais la snsm!!
n'es-ce pas Andre
lundi 27 novembre 2006 11:53
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