Notes septentrionales (Manche-Hollande)

ecumeur le 01/09/2006

Ces notes de navigation ne remplacent pas les documents nautiques à jour, indispensables à bord du bateau. Elles regroupent des informations pratiques glanées au cours de plusieurs croisières en Hollande de 1997 à 2005 en équipage ou en solitaire. Ces informations peuvent compléter utilement celles du guide Imray et des cartes hollandaises diverses.

Version 10 : 17/12/2005
Notes septentrionales

Nouvelle version avec des informations sur les bulletins météo en Belgique et aux Pays-Bas

Ces notes de navigation ne remplacent pas les documents nautiques à jour, indispensables à bord du bateau. Elles regroupent des informations pratiques glanées au cours de plusieurs croisières en Hollande de 1997 à 2005 en équipage ou en solitaire. Ces informations peuvent compléter utilement celles du guide Imray et des cartes hollandaises diverses.

La navigation dans les eaux intérieures néerlandaises combine des traites sur les canaux, généralement au moteur et qui peuvent paraître parfois fastidieuses, à des navigations dans les mers intérieures (Veerse Meer, Oosterschelde, Markermeer, Ijsselmeer, Grevelingenmeer) permettant des trajets qui peuvent être très courts, des escales dans des ports pittoresques ou en pleine nature.

La faune sauvage est particulièrement abondante et peu farouche. Les amateurs de musées et de monuments trouveront également leur compte.

La langue nous est particulièrement hermétique. Toutefois, on rencontre des néerlandais parlant français et la plupart d’entre eux comprennent et parlent anglais. D’une manière plus générale, la connaissance de l’anglais, voire de l’allemand, aide à déchiffrer les informations écrites.

1. Documentation

A part des ouvrages en néerlandais que l’on peut acheter sur place, le guide Imray « Cruising Guide to the Netherlands » par Brian Navin est particulièrement complet et bien fait. Il décrit de nombreux itinéraires ainsi que la quasi-totalité des ports. Les ponts et écluses « accessoires obligatoires » de toute croisière dans ces eaux sont décrits avec leurs horaires d’ouverture. On peut se le procurer dans de nombreuses librairies maritimes en France ou directement chez Imray (www.Imray.com).

Les zones de navigation intérieures sont couvertes par les cartes néerlandaises « Hydrografische Kaart » du Service Hydrographique de la Marine Néerlandaise No 1801 pour la côte de La Panne (Belgique) jusqu’à Den Helder, Nos 1803, 1805, 1807, 1809 pour la partie sud, 1810 pour la Markermeer et l’Ijsselmeer, 1811 et 1812 pour la Frise.
Surtout dans le nord (cartes 1811 et 1812), il est important de disposer des cartes de l’année car les bancs de sable se déplacent souvent de manière significative.
On peut se procurer ces cartes au passage à Dunkerque chez Bleu Marine (juste en face de la marina du Yacht Club de la Mer du Nord), en Belgique à Nieuwpoort chez West Diep (ponton à tribord dans le chenal d’entrée ou à 500m de la marina Vlotkom) ou chez N.V. Ship Shop dans la marina Novus Portus. On les trouve également à Ostende chez Ostende Marine Yachting Center, à proximité de la marina du RYCO, tout au fond du port.
Aux Pays-Bas, on les trouve notamment chez Harrie, au premier étage de la Tour des Pleureuses à 200m de la Gare Centrale d’Amsterdam ainsi que chez les shipchandlers.
Il existe plusieurs guides tels que « Wasserstande-Stromen », publié par le Service Hydrographique Néerlandais, « Wateralmanak » en deux volumes, qui comprend les instructions nautiques pour les eaux intérieures et toutes les informations sur les ports, écluses et ponts, le tout dans la langue locale. Ces documents sont notamment commercialisés par correspondance par Compass (www.compass24.de).
Le document sur les courants est particulièrement utile dans l’estuaire de l’Escaut car ils y sont particulièrement forts.
J’ai identifié 2 guides en allemand : « Die Niederländische Nordseeküste“ par Gernot Firsching et „Das Ijsselmeer“ par Manfred Fenzl, également vendus par Compass.

Pour les détails des canaux, l’ANWB (sorte de Touring Club) vend des cartes très détaillées dans ses boutiques que l’on trouve dans la majorité des villes. On peut également les acquérir par correspondance à l’adresse suivante : ANWB, Postbus 93200, 2509BA Den Haag ou www.anwb.nl.

On peut éventuellement se contenter d’une carte qui indique les itinéraires possibles en fonction du tirant d’air du bateau, ainsi que les heures d’ouverture des ponts : « Vaarkart Nederland », « Openingstijden spoorbruggen », « Staande mastroute door Nederland ». Cette carte peut être obtenue gratuitement auprès de l’ANWB. Dernière information de mai 2005 : cette carte n’indique plus les heures d’ouverture des ponts. Il est à noter que l’on peut naviguer de Flessingue à Amsterdam avec un tirant d’aire de 24m.

L’ANWB publie également une carte plastifiée qui précise les règles et le point de traversée du chenal de Rotterdam : « Richtlijn oversteken Maasmond » (Informations précisées plus loin).

Pour le tourisme terrestre, les guides touritiques tels que le Guide Vert de Michelin sont fort utiles.

2.Y aller

L’orientation générale des côtes fait que, en application de « la loi du cycliste » (à la voile comme à bicyclette, on a toujours le vent dans le nez !), on peut se trouver pénalisé par du vent de Nordet à l’aller et du sud ouest au retour ! Il faut donc en tenir compte dans son programme !

2.1. De Deauville à Dunkerque :

Cette navigation ne présente pas de difficultés particulières sinon à partir du cap Gris Nez.
Les distances sont raisonnables : 30 milles de Deauville ou Le Havre à Fécamp, 30 de Fécamp à Dieppe, 52 de Dieppe à Boulogne, 46 de Boulogne à Dunkerque.
Sauf intérêt personnel particulier associé à des arrivées aux heures favorables, nous recherchons les ports permettant un accès à toute heure.

Le meilleur point de départ est incontestablement Le Hâvre car cela permet d’attraper le courant favorable dès le virage de la Hève pratiquement jusqu’à Fécamp.

Il est préférable de passer au large de l’entrée du terminal pétrolier d’Antifer à partir de 4B de ouest à nord-ouest. Lorsque l’on monte de Deauville ou du Havre, un contre-courant, associé au plateau côtier qui s’étend jusqu’à Etretat peut lever une mer forte par vent d’ouest à nord-ouest juste après l’entrée du port. En juillet 2005, je me suis fait coucher par une lame par vent d’ouest 4B, après en avoir embarqué quelques unes !
Ne pas oublier que l’entrée à Fécamp, St Valéry et Le Tréport peut être délicate, voire dangereuse par mauvais temps. Notamment à Fécamp, même par beau temps, se méfier du courant traversier juste à l’entrée. Ce ne sont pas des refuges éventuels. Il en va de même pour St Valéry sur Somme, avec des chenaux incertains

A partir de Fécamp ou de Dieppe vers Boulogne, on dispose d’environ 8 heures de courant favorable que l’on peut exploiter au mieux en fonction des possibilités du bateau par rapport aux conditions météo. Ainsi l’heure idéale de départ de Dieppe se situe à PM Cherbourg –2 heures. En moyenne, avec un bateau marchant à 5 N, il faut compter environ 11 heures en route ditecte. Mais dans ce cas, on devra refouler le courant de jusant pendant une partie de la route. On peut donc optimiser en partant de Dieppe avant la renverse de basse mer (courant plus faible), pour terminer aux abords de Boulogne au début du jusant. Question d’appréciation personnelle. Par beau temps, au départ de Dieppe, on peut passer relativement près de la côte, à éviter dès que le vent fraîchit en raison de la faiblesse des fonds. Il est alors préférable de monter en laissant le banc Vergoyer à bâbord, bien balisé. Il faut éviter d’aller de l’autre côté, route des cargos. Par mauvais temps la mer brise sur la rive est du Vergoyer et sur le Banc Bassure.

2.1.1. Boulogne :

Boulogne est une escale quasiment inévitable et le port est saturé en saison, surtout des bateaux hollandais qui migrent vers le sud en début de saison et remontent à partir du 15 août.
En venant du nord, surtout par mauvaise visibilité, il faut reconnaître le caisson marquant l’extrémité de la digue submersible nord.
L’entrée est large, mais attention aux courants traversiers, donner du tour au musoir.
Après être entré dans la rade, ne pas faire route directement vers l’arrière port comme indiqué sur les cartes de détail et les Instructions Nautiques pour le Plaisance, sur l’alignement du chenal à 122° en raison d’un banc de sable débordant la rive nord du chenal, cause de nombreux échouements de plaisanciers.
La pratique locale est de faire route au 145 vers la bouée rouge RC2. Lorsque l’on se trouve dans l’axe de la jetée intérieure nord (feu rouge sur tourelle aligné sur un pylone double en haut de la colline), faire route vers celui ci en donnant un large tour au musoir sud qui est précédé d’un haut fond à la cote 0,70.
Depuis 2002, les pontons sont réservés aux bateaux de passage, à l’exception d’une vingtaine de places pour les bateaux locaux en attente de passage de l’écluse du Bassin Carnot. En saison, le port est saturé à partir de 16/17 heures et on se retrouve vite à couple en 3è voire 4è position en bout de ponton. Donc, toute place libre est bonne à prendre et le personnel du port est sur les pontons jusque dans la soirée. Comme on dit en Normandie : « au plus fort la pouque ! ». L’espace entre les pannes est également rempli, ce qui peut poser problème pour un départ matinal si on se trouve au fond. Il y a peu d’eau à marée basse en amont, où se trouve précisément la pompe à Gazole.
Il faut se méfier du courant, surtout lors des chasses à marée basse qui envoient un véritable torrent vers l’aval.

Les nuits peuvent être bruyantes et un peu agitées en raison du trafic incessant des bateaux de pêche qui travaillent, eux ! Leur sport nocturne consiste à laisser tomber des piles de caisses du quai sur le pont de leur bateau en contrebas ou de laisser la VHF en marche pendant le déchargement.

L’accueil est excellent et les locaux de la capitainerie ainsi que les sanitaires sont neufs et très confortables. On est loin des Algeco antérieurs. Au sujet des installations anciennes, l’auteur du Guide Shell indiquait que les toilettes et douches « pouvaient être utilisées en cas d’urgence » !

Pour l’avitaillement, outre les commerces en centre ville, un supermarché Champion se trouve à 10mn de marche (tourner à droite à la sortie du pont, puis rue à gauche en biais une centaine de mètres après la poste).

Pour les amateurs de tourisme, la vieille ville sur la colline est très agréable à parcourir et l’aquarium Nausicaa, très didactique est une visite à ne pas manquer en cas d’escale prolongée.

2.1.2. Le cap Gris Nez et les approches de Calais :

Il est ensuite préférable de passer le cap Gris Nez avec le courant favorable. Si les heures de renverse figurent sur les cartes on peut tout simplement appliquer la « règle des 3 heures » à Boulogne comme dans les ports de la Mer du Nord. La renverse de basse mer a lieu environ 3 heures avant la pleine mer locale et la renverse de pleine mer environ 3 heures après la pleine mer locale.

En été, des bancs de brume parfois épaisse peuvent s’abattre soudainement sur le Pas de Calais (« Pas de Calais, pas de visi ! »). Il est donc capital de toujours bien connaître sa position, surtout après le Gris Nez où on rencontre le chenal d’accès au port de Calais avec en moyenne un Ferry (localement on parle de « malle ») toutes les 6 minutes !

En raison de ce trafic, on peut longer le chenal en laissant les bouées vertes à bâbord et traverser le chenal entre CA5 et CA6 ou au ras des musoirs des jetées. Cette dernière solution est préférable en cas de faible visibilité car la distance est réduite et les ferries vont très lentement. De plus, on peut organiser la traversée devant la passe après avoir appelé Calais Port sur le 17. Ils sont très coopératifs.
La route la plus directe consiste à longer la rive nord du chenal et laisser CA8 à tribord pour rejoindre l’entrée du chenal de Dunkerque.

Attention toutefois à la présence de trémails (filets constitués de 3 nappes superposées), au sud ouest de CA3 à proximité du Petit Blanc Nez, qui aiment particulièrement les hélices (source S.N.S.M.) et à une épave affleurante au sud de CA5. En cas de brouillard, on peut toujours demander à Calais Port sur VHF17 si un ferry risque de poser un problème. Dans ce cas, il existe aussi la solution de sacrifier le mousse aux dieux de la mer ou de croiser les doigts avant de traverser en fermant les yeux!

2.1.3. Calais :

Les entrées et sorties sont réglées par des feux de signalisation. En raison de la fréquence des mouvements de ferries, ces feux ne sont que rarement en notre faveur ! La meilleure solution consiste alors à approcher à quelques dizaines de mètres du musoir ouest et à appeler Calais Port sur VHF17. Avec l’aimable permission des autorités locales, on peut généralement se glisser juste derrière un ferry et longer impérativement la jetée ouest de près pour ne pas gêner, sinon les pêcheurs à la ligne qui réagissent parfois très mal : en 2005, j’ai ainsi reçu sur le pont un bas de ligne avec un plomb de 200g et tous les hameçons, résultat d’un lancer intentionnel. On peut utiliser la même technique pour la sortie.
Des bouées d’attente sont mouillées à proximité de l’entrée du port de plaisance (porte plus pont). Le clapot y est permanent, de jour comme de nuit, à cause du trafic incessant des malles. Amarrés sur ces bouées, le sommeil est une vue de l’esprit.

Gazole à l’intérieur du bassin de plaisance, bien équipé et peu cher.

2.1.4. La Mer du Nord :

En général, rester dans la zone de navigation côtière et éviter la route des cargos.
En zone côtière, les bancs de sable (les ridins) sont parallèles à la côte, en pente douce vers le large et accores du côté de la terre. Il faut donc soigner la navigation et suivre les chenaux balisés, impératif à marée basse. Par mauvais temps, même à marée haute, la mer peut briser dangereusement sur les ridins. A partir du cap Gris Nez, il est indispensable de disposer de cartes détaillées et à jour afin de bien repérer tous les bancs de sable ainsi que le balisage que l’on doit rencontrer. Se souvenir que le GPS, précis, est confronté à l’imprécision des cartes (lire à ce sujet la brochure du Shom sur le GPS et son utilisation), surtout en cas de brouillard. Se méfier des traceurs de carte qui utilisent comme matière première les cartes papier « scannées » ou vectorisées selon les systèmes et souffrent des mêmes incertitudes outre les erreurs dues aux traceurs eux-mêmes. A titre anecdotique, lors d’une entrée à Blankenbergue, le traceur du GPS nous plaçait sur l’estacade !

D’une manière générale, toujours naviguer là où l’eau est foncée. Si elle devient jaunâtre, c’est que l’on est au-dessus d’un banc de sable et un suivi attentif au sondeur s’impose.

Après Calais, rejoindre le chenal Dunkerque ouest, bien balisé par des bouées espacées d’un mille et peu fréquenté.

Sur le chemin du retour, la durée du courant est nettement inférieure à celle de l’aller. Il peut donc être opportun de faire une escale intermédiaire en attendant la renverse, par exemple Calais entre Dunkerque et Boulogne pour éviter de peiner contre le courant. Cette remarque est également valable avec un « arrêt-renverse » entre Dieppe et le Havre.

2.1.5. Dunkerque :

Entrée large et facile. Longer la digue nord pour rejoindre les marinas réservées à la plaisance. A bâbord, le Port du Grand Large, facile d’accès et bien équipé (gazole, sanitaire, agent Volvo). Un inconvénient toutefois est la distance du centre ville. Excellent restaurant à la marina.

Un peu plus loin à tribord se trouve la marina du Yacht Club de la Mer du Nord. Ponton visiteur en long du côté du chenal et catways de l’autre côté. Toutefois, le trafic génère du clapot. Le maître de port, très serviable, se fait un plaisir d’attribuer une place à l’intérieur en fonction de ses disponibilités.

Une bonne bière sur la terrasse du Yacht Club en fin de journée est toujours un moment agréable. A signaler l’excellent moules frites moins chère qu’en Belgique !

L’approvisionnement en gazole est facile.

L’escale de Dunkerque fournira l’occasion d’une visite à la Duchesse Anne, miraculeusement rescapée d’une destruction certaine par les bons soins de notre Marine Nationale (la destruction pas le sauvetage !) et amarrée à proximité de la marina. Le Musée Portuaire est également d’un intérêt certain. Outre une exposition permanente retraçant l’historique du port, on peut y voir régulièrement des expositions thématiques temporaires (les routes de Chine en 2004, le Cap Horn en 2005).

Le centre ville est éloigné (supermarché Monoprix à 20mn de marche, demander un plan de la ville à la capitainerie). Toutefois, en longeant la rive opposée du bassin où est amarrée la Duchesse Anne, après l’énorme bâtiment de la Chambre de Commerce, on trouve à gauche un centre commercial avec un supermarché Atac. Sauf cas de famine à bord, éviter toutefois d’y acheter du pain (ou ce qui est vendu comme tel !), le plus infâme que j’aie jamais consommé.

Une particularité du trafic VHF local : les écluses du port se sont attribué le canal 6 qui est normalement un canal bateau-bateau. Il est possible toutefois que de l’ordre ait été remis récemment.
Après Dunkerque, suivre le chenal Dunkerque Est en notant l’inversion apparente du balisage, avec les bouées rouges à laisser largement à bâbord. Ces bouées sont au ras des bancs de sable. Cela vaut surtout pour la E6, posée sur le banc de sable à marée basse et qu’il vaut mieux contempler de loin !

2.2. De Dunkerque à la frontière belgo-hollandaise :

Météo : des bulletins sont diffusés en néerlandais et en anglais (débit lent facile à noter) par Ostende Radio sur VHF 27 à 07h20 heure légale, 08h20 et 17h20 T.U pour les zones Thames et Dover. Pour Escaut, Antwerpen sur canal 24 à H+03 et H+48 pour les avis de vent fort pour les petits navires ( !).

2.2.1. Dunkerque – Nieuport :

En face de Zuydcotte, on peut continuer sur le même cap par beau temps et en prêtant quelque attention aux hauts-fonds de la passe de La Panne, en fonction de la marée.

En général, on fait route au nord-est après la bouée E8 pour emprunter la passe de Zuydcotte, en surveillant la dérive due au courant. Attention, en 2005, le balisage de la passe a été modifié de manière significative en raison de la progression vers l’est du ridin de la rive ouest de la passe.

Après la bouée vert fluo « Trappegeer », la route est claire vers l’est, à l’exception de Stroombank (2,10m) et de Wenduinebank (3,40m), bien balisés.

On découvre alors la splendeur de la côte belge, basse (plat pays oblige !) et bordée d’un mur d’immeubles.

2.2.2. Nieuwpoort :

Pas de problème particulier. Nieuwpoort dispose de marinas : Vlotkom au fond à droite, et Novus Portus tout droit et marina de l’armée de l’air, au fond à gauche, excellente et très francophone. Accueil excellent, sanitaires de qualité.

Souvent, les Français préfèrent Vlotkom, francophone et siège du KYCN. Ponton visiteur et à gazole immédiatement à bâbord après l’entrée. Le responsable propose une place dans la marina si on le souhaite.

Dans le chenal d’entrée de Vlotkom à marée basse de 90 et avec un tirant d’eau de 1,90 à 2,00m, le pied de pilote a l’épaisseur d’une page de l’Almanach du Marin Breton. Attention à la sortie, un signal lumineux « Stop » sur un duc d’Albe à tribord indique un mouvement de gros bateau dans le chenal principal.

En faisant le tour du bassin à pied et en longeant le chenal, on trouve à 500m environ le Shipchandler West Diep, bon accueil et bon service.

Le restaurant du KYCN est réputé excellent, par contre la moule frites en ville est chère !

Avitaillement en gazole : en Belgique, les bateaux bénéficient de gazole détaxé (0,67 € en 2005 !). La législation douanière française exige de limiter l’avitaillement à la quantité nécessaire pour rejoindre le premier port français. Garder soigneusement la fiche en cas de contrôle car c’est du gazole rose et il en restera longtemps des traces dans le réservoir.

Pour l’avitaillement de l’équipage, un supermarché se trouve de l’autre côté du boulevard (côté Vlotkom) longeant la côte. Contourner le bassin jusqu’à l’angle où se rassemblent les camping cars, rejoindre l’avenue où circule le tram côtier et traverser, le supermarché est juste en face.

Le tramway côtier La Panne-Knokke le Zoote permet de rejoindre Ostende en une vingtaine de minutes.

2.2.3. Ostende :

C’est la Mecque des kippers et de la moule frites.

Il n’y a pas de problèmes pour l’entrée, mais attention au « Sea-Cat ».

Il existe 3 possibilités d’escale :
- pour ceux qui apprécient la tranquillité absolue, aller au fond du port à la marina du RYCO. Les bateaux en escale sont très bien soignés. Pontons neufs en 2005. (en 2004, 15,50€ pour 7,90m). Sanitaires gratuits ouverts 24h/24. Le bar du RYCO, avec terrasse, est très agréable. Les points négatifs : le cadre est celui du fond du port de commerce, les bornes électricité/eau peuvent être un peu loin. L’autre inconvénient est la distance du centre ville, par le tramway (1€ et 5mn pour la gare centrale). C’est le seul endroit où l’on peut acheter du gazole, en bidons à une station service voisine.
Un avantage pratique, un ordinateur en libre service dans le hall du RYCO permet de consulter la météo et ses e-mails.
Lors du départ, veiller à respecter le signal STOP¨éventuellement allumé sur un duc d’Albe à droite, qui indique un mouvement de navire.
Le maître de port, passionné par l’Extrême Orient pratique la sculpture avec du cuivre.

- Au cœur de la cité, le bassin Mercator, accessible par une écluse qui ouvre pratiquement à la demande, avec toutefois une attente pour un regroupement des bateaux candidats à l’entrée ou à la sortie. Le bassin est très calme, mais il est difficile d’y trouver une place.

- Un supermarché Delhaize se trouve à 5mn de marche : longer le bassin, passer le pont à gauche avant le Mercator, le supermarché est immédiatement à droite.
Pour quitter le bassin Mercator, il est préférable de prendre rendez-vous la veille et l’heure de sortie peut être assez élastique.

- La marina d’un second Yacht Club à droite en entrant, le bassin Montgomery. C’est également à proximité du centre ville : en entrant dans la rue en face, on se retrouve en plein quartier commerçant avec de petits supermarchés dans cette rue ou sur la place proche.
On s’amarre le nez au quai et l’arrière sur bouée ou le long d’un ponton, avec plusieurs bateaux à couple. Le maitre de port, très serviable, communique à grande distance sans mégaphone ! Voir avec lui l’organisation d’un départ matinal en saison, car la marina est complétement pleine. Le principal inconvénient est le clapot causé par le trafic dans le chenal proche. Par ailleurs, il faut ne pas être indisposé par des douches collectives… comme à l’armée.

Si on a besoin d’échouer le bateau, par exemple pour cause de bout dans l’hélice, on peut utiliser le gril de carénage avec l’accord du maître de port. Attention toutefois car les tins sont couverts d’une végétation d’algues extrêmement glissantes et le bateau risque de déraper en se posant sur sa quille, au risque d’y perdre le gréement (expérience personnelle, mais j’ai sauvé le gréement)!

En direction de la Hollande, la renverse a lieu à PM -2 et dans l’autre sens à BM -2.

Pour les moules frites, un établissement peut être recommandé : « De Mall Boot », sur le quai. Quant aux kippers, ils pendent toute la journée aux étals sur le quai, fumés au gaz d’échappement et à la poussière ambiants.
Distributeurs de billets dans Kapelle straat qui donne sur le bassin Mercator.

Gazole : aucune possibilité autre que d’aller au fond du port et se rendre à une station service avec des bidons !

2.2.4. Blankenberge :

L’entrée est dangereuse par mauvais temps en raison de la remontée des fonds et de la faible profondeur aux abords de l’entrée. Dans ce cas, entrer à Zeebrugge.

Approvisionnement en carburants à tribord en entrant, utiliser l’interphone.
Le port en ville (oude Jachthaven), à bâbord est assez encombré. Il est géré par le club local et on est accueilli très aimablement. Les voisins de ponton, plaisanciers locaux sont toujours prêts à aider le visiteur étranger.
Une originalité locale : les bateaux sont taxés en fonction de leur largeur, ce qui, au fond, n’est pas illogique !

La ville présente peu d’intérêt touristique, sinon des villas style Arys Déco dans la partie ancienne. Elle est en saison envahie par les vacanciers qui résident notamment dans les barres d’immeubles en bordure de mer. Les commerces, dont un supermarché sont concentrés autour de la grand place.

2.2.5. Zeebrugge :

En cas de mauvais temps rendant dangereuse l’entrée à Blankenberge, c’est une solution sûre et facile, recommandée par les plaisanciers locaux : entrée large et profonde comparable au Havre, mais attention au trafic des cargos et ferries.

Le port de plaisance se trouve au fond, au sud du phare intérieur SS(verkeer). Il faut compter 40 minutes depuis l’entrée pour le rejoindre. Le port de plaisance est maintenant installé dans l’ancien bassin de pêche.
Sauf conditions particulières, il est préférable de manœuvrer pour affaler les voiles à l’entrée du bassin de plaisance, bien abritée, plutôt que dans l’avant port dès le franchissement des digues (attention à la signalisation).
C’est un des rares ports de plaisance où le maître de port vous attend au ponton pour prendre vos aussières. Tarif : 15,88 € pour 7,90m en 2004, douches gratuites. Prévoir des moyens de lutte contre les moustiques.
Des programmes de construction de petits immeubles visent à transformer les alentours du bassin en zone résidentielle avec galeries d’art etc… Un bateau feu et un sous-marin sont exposés dans le bassin.
Un supermarché bien approvisionné se trouve à 10mn à pied, de l’autre côté de la grand route (se faire expliquer).

Dans les ports belges comme dans les ports hollandais, ne pas oublier de passer la raclette prévue à cet effet dans la cabine de douche après utilisation, sous peine de passer pour un individu que l’on pourrait qualifier de « rustique ».


3. La Hollande :

En fonction du programme choisi et des conditions météorologiques, on peut choisir de monter le long de la côte via Schreveningen et Ijmuiden (avec entrée dans le Nordzeekanal vers Amsterdam) en direction de Den Helder et la Frise (non visitée à ce jour) ou bien entrer dans les eaux intérieures à Flessingue (Vlissingen) pour naviguer en Zélande ou monter vers Amsterdam par les canaux et passer ensuite dans la Markermeer puis l’Ijsselmeer. On peut également remonter l’Escaut au-delà de Terneuzen et emprunter les Kanal door Zd Beverland qui permet d’éviter la Veersemeer si elle n’est pas au programme pour gagner directement l’Oosterschelde.

Pour l’avitaillement, il faut noter que, comme dans tous les pays protestants d’Europe du nord, tous les commerces sont fermés le dimanche.


Météo (voir document en annexe) : les bulletins météo sont diffusés à 8h05, 13h05, 19h05, 23h05 heure locale sur VHF 23 et 83, sans annonce préalable sur le 16. Les zones côtières sont Flushing, Hook van Holland, Ijmuiden, Texel et Rottum. Pour les eaux intérieures : Zierickzee, Marken, Ijsselmeer, Harlingen et Rottum. Ils sont diffusés en anglais, le débit est lent, ce qui permet de prendre facilement des notes. Sont annoncés : avis de coup de vent (gale warning), situation générale (synopsis), prévision sur 12 heures et évolution pour les zones Thames, Humber, German Bight et Dogger dans les bulletins diffusés en MF plus bas. Le seul problème est dans l’énoncé des zones car nos amis bataves prononcent le néerlandais différemment de ce que nous pouvons comprendre !

Les bulletins pour la Mer du Nord sont diffusés sur 3673 KHz à 9h40 et 21h40 TU sans annonce préalable.

3.1. La navigation en Hollande :

3.1.1. Tirant d’eau et tirant d’air :
Les mers intérieures sont tantôt fermées à niveau constant (ex. Veerse Meer) ou sujettes à des marées partielles (ex. Oosterschelde). Le guide Imray fournit toutes informations utiles à ce sujet. Les chenaux balisés et les canaux permettent la navigation de barges et ne posent donc pas de problèmes. Dans les mers intérieures, des petites bouées indiquent la limite des fonds de 1,20 ou 1,50m selon les zones (voir cartouche des cartes néerlandaises), en sachant que la remontée des fonds est très brutale derrière la ligne de bouées.
Les bouées vert/rouge ou rouge/vert de changement de chenal se rencontrent très fréquemment et nécessitent toute l’attention du barreur pour éviter un échouement intempestif.
Les profondeurs au voisinage des pontons en pleine nature (ex. Veerse Meer) est en général indiquée sur les cartes. Une approche prudente au sondeur est toutefois nécessaire et les plaisanciers amarrés là fournissent facilement des informations lorsqu’on les hèle, encore que, en saison, certains n’ont visiblement pas envie d’être perturbés par de nouveaux voisins.

Le niveau de référence est le NAP, niveau moyen à Amsterdam, assez stable.

En matière de tirant d’air, les ponts à bascule ne posent pas de problème en raison de
leur conception. Il pourrait en aller différemment pour les ponts coulissants. Les hauteurs limites figurent dans le guide Imray. Toutefois, il faut savoir que l’on peut aller de Flessingue à Amsterdam avec un tirant d’air de 24 mètres. L’ANWB édite une carte très pratique qui indique les différents itinéraires dans les eaux intérieures avec les tirants d’air admissibles et tous les horaires d’ouverture..

Dans le cadre de ces notes, tous les trajets sont possibles avec ce tirant d’air (ne pas oublier les antennes !).


3.1.2. Les canaux :
Il n’y a rien de particulier à signaler sinon un trafic commercial parfois intense.
Si le vent est bien placé, on peut naviguer à la voile, sous génois seul. En effet, il serait difficile de gérer une grand voile avec tous les ralentissements, voire arrêts, dus aux ponts et écluses alors qu’il est facile d’enrouler le génois.
Toujours avoir le moteur prêt à démarrer.
Fréquemment, les passages d’écluses ou de pont peuvent générer la création de convois pouvant atteindre plusieurs dizaines de bateaux. Dans ce cas, il faut s’efforcer de rester dans le convoi, si possible plutôt vers la tête, ce qui permet de choisir le côté favorable pour s’amarrer. En outre, cela permet de ne pas manquer les ponts et sas suivants si le convoi s’allonge ou se fragmente. Certains skippers, par contre, préfèrent entrer dans le sas en dernier, pour éviter la bousculade, mais alors dans ce cas, on est obligé de s’amarrer comme on peut ! Question de choix personnel.

3.1.3. Les ponts :
En général, la circulation des bateaux est prioritaire et c’est avec beaucoup de satisfaction que l’on entend la sonnerie annonçant aux « terriens » la fermeture des barrières et que l’on voit ensuite le pont s’ouvrir pour nous livrer le passage.
Cette vision idyllique doit toutefois être nuancée.

En effet, en fonction des trafics aquatique et routier, des attentes sont possibles, en général pas très longues.

Certains ponts « critiques » n’ouvrent pas à certaines heures, tels les 2 ponts de Middelburg qui n’ouvrent pas aux heures de pointe.
D’autres n’ouvrent que selon des horaires précis ou dans des fourchettes horaires : le pont de chemin de fer de Gouda n’ouvre que 4 fois par jour, le pont de chemin de fer de Dordrecht 1 fois toutes les heures ou presque, le pont d’autoroute à l’entrée nord du Zijkanaal pendant trois fourchettes de 2 heures.

Il faut donc en tenir compte dans son programme de la journée, car une arrivée devant l’obstacle à la mauvaise heure peut entraîner un décalage de plusieurs heures.
Dans tous les cas, de postes d’amarrage sont prévus de chaque côté mais ne permettent souvent pas d’aller à terre.

Comme pour les écluses, les liaisons se font généralement par VHF 18 ou 22, selon les lieux.
L’accès est toujours commandé par des feux : rouge = pas de passage, rouge sur vert = préparez-vous, vert = passez.

Les ponts sont généralement commandés à partir d’un poste central qui détecte l’approche de bateaux grâce à des caméras placées sur le pont. Il faut donc approcher tout près d’un pont fermé pour être vu.

Il faut toujours se tenir assez près du pont à l’ouverture et s’engager rapidement car les traînards risquent de voir le pont se refermer devant eux.

3.1.4. Les écluses :
Elles sont commandées par des feux, comme les ponts et travaillent en continu. Voir les horaires dans le guide Imray.

Les communications se font généralement sur le 18 mais en fait, le trafic est tel qu’il n’est pas nécessaire de rechercher le dialogue qui peut toujours se faire en anglais.

Il est bien rare que l’on n’ait pas plusieurs écluses à franchir dans une journée et elles nécessitent une technique particulière.

Les bajoyers sont équipés de bollards fixes régulièrement espacés et placés à plusieurs niveaux.

La différence de niveau dans les eaux intérieures est généralement assez faible.

Il est recommandé de s’amarrer le long du bajoyer sous le vent, contre lequel le bateau sera plaqué, ce qui facilite la manoeuvre.

Certaines écluses sont équipées de madriers flottants qui coulissent le long de câbles. Elles nécessitent alors de placer les défenses à trainer dans l’eau.

On peut recommander de protéger les « angles » de la coque : avant et balcon (attention aux feux), angle arrière du tableau.

Il est recommandé d’amarrer d’abord l’arrière puis l’avant pour éviter la mise en travers (sauf en cas de vent de face, évidemment).

L’expérience montre que la meilleure technique consiste à :
- Préparer l’aussière arrière en double, avec une boucle d’environ 2m.
- Préparer l’aussière avant en simple.
- Passer l’aussière arrière sur le bollard choisi, en passant, avec la gaffe (la technique du lasso ne marche jamais et risque d’entraîner quelques difficultés !).
- Laisser le bateau avancer sur son erre et passer l’aussière avant sur le bollard choisi (l’intérêt de l’aussière simple est que, avec un petit bateau, il peut être nécessaire de s’amarrer sur une échelle en raison de l’espacement des bollards).
- Régler.
- Dans le cas d’un bateau large, il peut s’avérer difficile d’attraper le bollard avant. Si on a la chance de disposer d’un taquet à mi-longueur, il est plus facile de l’utiliser plutôt que le taquet avant.
- Si on dispose d’un seul équipier, il a parfaitement le temps d’aller de l’arrière à l’avant après avoir saisi le bollard arrière lorsqu’il passe au niveau de l’avant du cockpit, le barreur ayant ensuite le temps de reprendre l’aussière arrière.
- Si on a la chance de disposer d’un équipage assez nombreux, les deux prises de bollard peuvent être pratiquement simultanées, l’amarrage arrière précédant toutefois, en général, l’amarrage avant pour éviter une mise en travers.
- En solitaire, préparer les aussières comme ci-dessus. Prendre le bollard arrière au moment où il passe au niveau de l’avant du cockpit. Laisser le bateau poursuivre sue son erre, aller à l’avant avec la gaffe, pour passer l’aussière avant, puis régler.

Si on s’amarre à couple, attendre que le bateau visé soit lui-même amarré, utiliser le même processus avec l’avantage de disposer de main d’œuvre supplémentaire !

Je pense personnellement que l’on a avantage à entrer si possible parmi les premiers dans l’écluse, ce qui laisse le choix d’un endroit favorable, mais c’est un choix tout à fait personnel ! On peut préférer attendre et « laisser décanter ». Dans ce cas, il faudra s’accomoder de la situation, ce qui peut entraîner un amarrage difficile (pas de place, à couple sur un bateau plus petit, etc…).

Les manœuvres se font généralement rapidement et les vannes sont ouvertes dès la fermeture des portes.

Dans certains cas, on peut être amené à franchir une grande écluse avec des grosses barges qui entrent toujours en premier. Il faut alors se méfier des remous importants des hélices qui risquent de plaquer brutalement un bateau de plaisance le long d’un bajoyer.

Si la largeur le permet, il est souhaitable de passer sur l’avant de la barge, avec de la vitesse si ses hélices brassent l’eau. S’assurer cependant quelle est amarrée (ce n’est pas toujours le cas), afin de ne pas risquer de se faire coincer entre la barge et le bajoyer. Lors de l’ouverture, nous nous dégageons beaucoup plus vite et cela permet d’éviter les remous.

Il ne faut pas se laisser impressionner et la coordination s’améliore très vite !

3.1.5. Les ports et marinas :

Si on trouve des pontons classiques, on s’amarre souvent le nez au ponton ou à la rive et l’arrière sur des pieux.

Dans de nombreux cas, les places libres sont repérées par une plaque verte accrochée sur le bord, à côté du numéro de place. Lorsqu’il y a une plaque rouge : ne pas s’y amarrer. C’est simple et pratique.

La plupart des ports sont dotées d’un poste de collecte des eaux et huiles usées.

Dans les eaux intérieures, la nuit au port coûte environ 2 fois moins cher que ce que nous payons habituellement.

Les Hollandais s’arrêtent tôt car ils dînent vers 18 heures qui est l’heure de pointe. Plus tard, on risque de se trouver à couple en Nième position ou de ne pas trouver de place, par exemple sur les pontons dans la Veersemeer.

3.1.6. Le balisage :

Dans les eaux intérieures néerlandaises, le balisage est complet et très précis.
Attention toutefois aux petites bouées latérales à proximité des rives qui indiquent la limite des fonds de 1,20 ou 1,50m selon les secteurs. L’information figure dans les notes des cartes hollandaises. La remontée des fonds est brutale au niveau de la ligne de bouée et on peut passer de 3/4m à 1,50m de fond en quelques mètres. Donc mieux vaut éviter de flirter avec ces petites bouées.
On rencontre également fréquemment des bouées de changement de chenal et mieux vaut ne pas se tromper dans leur interprétation (vert/rouge/vert ou rouge/vert/rouge), en fonction du sens du balisage. Il s’agit parfois en effet seulement d’un embranchement entre deux chenaux ou canaux. Mais dans les mers intérieures (exemple Veerse Meer), elles balisent de petits chenaux entre des îles et une erreur d’interprétation peut conduire à un talonnage ou, pire, à un échouement sans que l’on puisse compter sur une quelconque marée montante pour déséchouer le bateau.

3.2. De la côte belge à Ijmuiden/Amsterdam par la côte :

3.2.1. Traversée du chenal de Rotterdam :

Le trafic d’entrée et sortie du port est très important. Il est donc indispensable de respecter les règles de cette zone de trafic contrôlé.

Il faut impérativement croiser le chenal à l’endroit prescrit et éviter de s’égarer plus au large dans le secteur du chenal (Eurogeul et Maasgeul), ainsi que des zones d’évitage indiquées sur la carte.

En arrivant par le sud, se présenter à la bouée cardinale ouest « MV » et s’annoncer sur le canal 3 pour signaler son intention de couper le chenal et demander des instructions, en néerlandais ou en anglais. En principe, le contrôle du port invitera à rester en « stand by ». Rejoindre la bouée cardinale nord « MVN » (à proximité d’un mât « Meetpaal » pour y attendre les instructions. En fait, il est alors préférable de signaler sa présence en ce lieu. Le contrôle du port sait alors que le bateau est au bord du chenal, prêt à traverser.
Lorsque l’on reçoit l’autorisation, généralement par rapport à des cargos en cours d’entrée ou sortie (exemple : « vous passez après les deux cargos qui entrent ») , le faire perpendiculairement à bonne vitesse. Ne pas hésiter à mettre le moteur si le vent est faible.
L’ANWB publie une carte plastifiée qui donne toutes indications utiles : « Richtlijn oversteken Maasmond »).

Dans le sens nord-sud, il faut s’annoncer après avoir passé la bouée « Indusbank » (cardinale nord).

3.2.2. Scheveningen :

Le plan de la carte 1801.7 ou celui du guide Imray sont clairs. L’entrée du port est commandée par des feux (rouge sur blanc = entrée interdite, jaune à éclats = gros navire entrant ou sortant, blanc sur rouge à la sortie = sortie interdite). Instructions par VHF 14.
Après l’entrée dans le port, virer à bâbord pour entrer dans le Vishaven et aussitôt après à 90° tribord dans un passage étroit puis en face, le long du quai opposé à 90° tribord pour trouver les emplacements visiteurs.
Attention toutefois au trafic de gros bateaux dans le « S » puis le chenal d’entrée du bassin de plaisance (Marine Royale Néerlandaise, bateaux de pêche, tours collectifs pour touristes, etc…)
Au fond du port, on est parfaitement abrité. Attention toutefois aux courants traversiers dans l’entrée.

3.3.3. Ijmuiden :

C’est l’entrée du Nordzeekanal qui permet de rejoindre Amsterdam en un peu plus de deux heures.
En cas de besoin, une grande marina se trouve à tribord en entrant dans le port, avant les écluses.
Contact avec les écluses : « Sluis Ijmuiden » (se prononce quelquechose comme « Sleuiz Oïmeuiden ») sur VHF22.
Deux écluses sont affectées aux bateaux de plaisance : le Zuidersluis et le Kleinesluis. En cas d’attente, des ducs d’Albe inconfortables et peu pratiques permettent de s’amarrer. La signalisation se fait par haut-parleurs et signaux lumineux.
Il faut noter que des feux rouge et vert superposés au mât des signaux indiquent un marnage supérieur à 11m. Prévoir les aussières en conséquence (en double), mais c’est rare.
Voir la signalisation particulière dans le guide Imray.
Il faut signaler que deux feux verts superposés signifient « dépêchez vous ».
Le trafic est important.
De nuit, les bateaux de plaisance sont envoyés vers les grandes écluses du commerce.

3.3.4. Amsterdam :

De l’écluse d’Ijmuiden à Amsterdam, compter environ 2h à 2h30 de trajet.
On peut naviguer à la voile si le vent est bien placé, avec des perturbations dues aux constructions sur la rive sud du canal.
Attention au trafic des gros cargos et des barges et surtout à leur sortie des bassins de la rive sud.
On arrive assez vite dans la zone portuaire et industrielle au charme limité.

Un grand ponton à carburants se trouve sur tribord en arrivant à Amsterdam (accès aux pompes du côté de la rive).

Pour le stationnement, plusieurs possibilités d’offrent à nous :

- La marina « Westerdock » à tribord en arrivant, mais elle est très loin du centre.
- Un amarrage à quai à l’ouest de la gare centrale, uniquement valable pour de très grosses unités. En raison du trafic, le clapot y est constant.
- Sixhaven Marina, dont l’entrée se trouve sur la rive nord, en face de la gare centrale et juste après l’entrée du « Noord Hollandskanal ». L’entrée est peu visible et il faut la dépasser pour revenir dans l’axe. Le passage est étroit, les espaces de manœuvre réduits à l’intérieur et la marina très encombrée, surtout en saison. Les arbres dont les branches nécessitaient une grande attention ont été abattus. C’est une satisfaction d’ordre technique, mais l’entrée y a perdu une bonne partie de son charme.
En 2005, en raison de travaux importants de génie civil, la surface de Sixhaven Marina a été considérablement réduite selon des informations recueillies auprès de plaisanciers néerlandais.

Il faut donc prévoir défenses et aussières des deux côtés avant d’entrer.
En saison, à partir de 16h, les bateaux sont entassés jusqu’entre les pontons sur plusieurs files, aussi longtemps qu’ils ne condamnent pas l’entrée ! Les départs matinaux sont, de ce fait, assez folkloriques.
Surtout avec un bateau assez important et un tirant d’eau dépasant 1,80m, la meilleure solution est de s’amarrer à couple éventuellement à proximité de l’entrée puis aller demander une place au maître de port (havenmeester) dans une sorte de mirador au fond et à droite.
On paie rigoureusement de midi à midi.

- Un amarrage le long de la rive du Noord Hollandkanaal, avant ou après l’écluse.

- ZV Aerolus, sur la rive nord, à 1 mille à l’est de Sixhaven, dans le canal Johan van Hasselt oost. Cette marina, non visitée, serait beaucoup moins encombrée que Sixhaven, à moins de 10mn du ferry qui traverse vers la gare centrale. Un supermarché se trouve tout près de cette marina.

- Jachthaven Twellegea, au bout d’un canal, ½ mille à l’est de l’accès à Aerolus, non visitée.

A partir de Sixhaven Marina, on peut rejoindre à pied en quelques minutes l’embarcadère des ferries (il se trouve à l’entrée du Noord Hollandkanaal que l’on franchit à l’écluse), assurant 24h/24 le service gratuit avec l’autre rive, juste derrière la gare centrale que l’on traverse pour aller en ville. Après avoir traversé la gare, l’Office de Tourisme se trouve en face sur le côté gauche et les « Hare Krishna » sur le terre-plein. Dans les quartiers où les « Coffee Shops » sont nombreux (ne pas essayer d’y commander un café !), la simple respiration de l’air de la rue rendrait positif n ‘importe quel test de contrôle du cannabis !

Pour l’avitaillement, on trouve un supermarché sur la même rive que la marina à 10mn de marche environ (attention, lorsque l’on demande en anglais à un passant où se trouve le plus proche supermarché, l’appellation « supermarket » s’applique également à une épicerie de quartier). Sinon, un grand centre commercial avec supermarché à l’étage se trouve derrière Damplatz, à 15mn environ de la gare.

Amsterdam est une ville très cosmopolite avec beaucoup de charme. Parmi les musées particulièrement intéressants : le Rijksmuseum bien sûr, pour les amateurs de Rembrandt et des peintres hollandais, le musée Van Gogh voisin (tramway No2 de la gare pour les deux musées), qui retrace tout le parcours du peintre, le musée maritime, le musée Anne Franck.
Pour les visiter, prendre de préférence la vedette des musées (Museumboot), dont l’embarcadère est voisin de l’Office de Tourisme. On bénéficie d’un commentaire multilingue sur le trajet et on peut descendre puis embarquer à nouveau à chaque arrêt à bord d’une vedette passant plus tard.

3.4. De la frontière belge à Amsterdam par les canaux :

La partie sud de cet itinéraire permet de parcourir la Zélande qui peut être, à elle seule, un objectif de croisière au départ des côtes françaises. Le charme et le dépaysement sont assurés, avec une navigation dans des mers intérieures où on peut naviguer confortablement même par vent assez fort. On peut choisir des traites courtes et profiter, dans la Veerse Meer de petits mouillages à des pontons en bordure de petites îles. On trouve également de nombreux petits ports très agréables. C’est une zone de navigation idéale avec des enfants.

3.4.1. L’estuaire de l’Escaut :

La circulation est réglementée et le trafic du port d’Anvers important. Il faut donc se tenir en dehors du chenal et le traverser perpendiculairement en face de Flessingue (Vlissingen).
En arrivant de Zeebrugge, longer la rive sud de l’estuaire en laissant les bouées vertes du chenal à bâbord, jusque à la bouée « Songa ». C’est alors que l’on peut faire route au nord, vers Vlissingen.

Le courant dans l’estuaire est vif et il vaut mieux entrer avec le flot et sortir avec le jusant.
A la sortie de Vlissingen, sur le chemin du retour, une escale à Breskens s’impose lorsque l’heure de sortie est défavorable par rapport au courant. On peut alors tranquillement manger, boire, dormir, en attendant confortablement la renverse.

Pour sortir à Flessingue en direction des côtes belges, il faut sortir aux alentours de l’heure de pleine mer à Flessingue. Le courant sortant de l’Escaut s’établit une heure après la pleine mer de Flessingue. Il faut alors traverser immédiatement pour longer la rive sud. Ainsi, lors de l’établissement du courant, on se trouvera dans la veine longeant la rive sur. La veine qui longe la rive nord remonte ensuite vers le nord ouest, ce qui n’est pas exactement la route souhaitée dans ce cas. (Pleine mer de Flessingue = PM Ostende plus 1h, BM de Flessingue = BM Ostende +0h45). Si on se présente à une heure défavorable à la sortie, le mieux est d’attendre l’heure de la pleine mer à l’intérieur ou de traverser et aller attendre la renverse à Breskens.

3.4.2. Breskens :

Environ 2 milles à l’est de la pointe portant le phare. On rencontre d’abord un premier port, réservé aux ferries assurant la traversée vers Flessingue. Il faut donc emprunter la seconde entrée, ½ mille plus loin à l’est. Marina à bâbord après l’entrée. Tout confort. Tarif : 13,20, douche 0,70.
Les commerces alimentaires, dont un supermarché, sont situés en centre ville, à 20mn de marche.
A la suite de la construction d’un tunnel, le trafic des ferries est maintenant assuré par des bateaux rapides dont il faut observer attentivement la trajectoire.

3.4.3. de Breskens à Wemeldinge :

Il faut quitter Breskens avec la renverse de basse mer pour remonter l’Escaut. Bien suivre le balisage. Il faut compter environ 4 heures pour parvenir à l’écluse donnant accès à l’Oosterschelde, en passant devant Terneuzen (non visité), à environ 2h. de Breskens. Si on n’a pas l’intention de visiter la Veersemeer, cette solution est beaucoup plus rapide pour parvenir dans l’Oosterschelde par le Kanaal door Z. Beverland. Le sas est unique, pour le trafic des barges et celui de la plaisance.
Juste à la sortie se trouve la marina de Wemeldinge, très confortable (sanitaires de 1ère classe, larges pontons). Lors de mon passage, toutefois, personne ne parlait même anglais, d’où quelques difficultés de communication et amabilité… limitée. Tarif : 13,25, douche : 0,50.

3.4.4. Vlissingen (Flessingue) :

Pour la traversée du chenal, tenir compte du courant.

La marina de Flessingue se situe à ½ mille à l’ouest de l’entrée du port principal. Attention à la hauteur d’eau sur le seuil de l’écluse qui est de 1m au dessus du zéro des cartes françaises et à la profondeur dans la marina, qui varie de 1,60 à 2,60m. L’accès se fait par une écluse plus deux ponts ouvrants.

Pour accéder au port principal puis au Kanaal door Walcheren, se diriger vers les 7 éoliennes sur la rive nord.

L’écluse fonctionne 24h/24 (VHF 18). Il n’y a aucune possibilité de stationner sinon de l’autre côté de l’écluse. Toutefois, on peut s’amarrer à couple de quelque bateau de pêche ou de commerce, en se tenant prêt à dégager immédiatement sur demande.

L’attente est relativement courte. L’écluse ne fonctionne toutefois pas lorsque le niveau de la mer est supérieur de plus de 3,25 m au niveau moyen d’Amsterdam (NAP).

Si on doit passer l’écluse à basse mer, prévoir des aussières assez longues (15/20m).

En général, les bateaux de plaisance passent par la petite écluse, la plus au nord. Dans ce cas, il faut placer les défenses à trainer dans l’eau, en raison d’un madrier coulissant le long des câbles. Dans la grande écluse, les placer normalement.

Après l’écluse, suivre le Walcheren Kanaal, au fond à droite. A tribord, après le virage, une

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ouah !
quel travail !
bravo !
dimanche 15 janvier 2006 01:29
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