La conservation de l'avitaillement

Equipage le 02/13/2001

Avant de partir, on pense congélo et frigo. Quand le frigo tombe en panne, on se rend vite à l'évidence : le réfrigérateur n'est pas indispensable… On prend juste énormément de plaisir à déguster une bière fraîche quand on arrive à l'escale… Pour conserver le reste, il y a des recettes de grand-mère.

Le frais

  • La viande :

Même avec un frigo, il est difficile de conserver de la viande fraîche plus de 48 heures. En la matière, mieux vaut opter pour des pièces de viandes séchées ou fumées, du type bacon ou lard. Elles accommodent l'ordinaire à merveille et permettent la confection du ragoût maison (voir recettes favorites du bord). Pour pouvoir déguster un plat de viande plusieurs jours après le départ, il suffit de préparer un plat en sauce (poulet basquaise ou bœuf bourguignon). Et comme nos grands-mères avant l'invention du frigo Il n'y a plus, ensuite, qu'à le réchauffer et à le faire bouillir quelques minutes dans la cocotte une ou deux fois par jour.

  •  Le beurre :

Le top de la conservation, c'est le beurre en boîte. Malheureusement, en France, on en trouve difficilement et il est cher. Le beurre salé se conserve mieux que le beurre doux. Ensuite, il est important de stocker le beurre entamé dans un boite plastique étanche afin d'éviter que celui-ci ne prenne le goût et l'odeur des autres aliments du frigo. Selon la bible du bord en la matière (Et vogue la Cambuse), pour en conserver en grande quantité, il faut disposer de bocaux en verre étanche, type pots de confitures. On met un peu d'eau de mer dans le fond du pot et on tasse le beurre à l'intérieur. On recouvre ensuite d'eau de mer, celle-ci remplit ainsi les poches d'air et évite que le beurre ne devienne rance, et on ferme le bocal. De cette façon, on doit pouvoir conserver le beurre de nombreuses semaines.

  • Le lait et la crème fraîche :

Pas de secret, il faut opter pour le lait en poudre. C'est quasiment le seul qu'on trouve dans les pays pauvres. Pour la crême, il vaut mieux faire un stock de stérilisés UHT, synonyme de longue conservation, en Europe. La crême fraiche, c'est quand même vital.

  • Les légumes :

L'idéal est de les placer dans un endroit sec et aéré pour éviter les moisissures. A bord de Djinn III, nous nous sommes laissés tenter per des filets suspendus dans le carré. Chaque variété de légumes est rangée séparément des autres. Pour les patates et les carottes, il faut les envelopper, par petits paquets, dans des feuilles de papier journal qui permettent d'absorber l'humidité. Cependant, nous n'avons pas encore réussi à garder nos carottes potables plus d'une dizaine de jours. Il faut également vérifier régulièrement l'état des légumes. Entre La Valette et Athènes, nous avons ainsi eu la désagréable visite de charançons qui, sans prévenir, avaient colonisé un stock de patates laissées à l'abandon dans le fond d'un équipet. Bonjour l'odeur et l'infâme bouillie ! Pour les autres légumes, nous les conservons dans des paniers ajourés en prenant bien garde à enlever les légumes dès qu'ils s'abîment afin de ne pas contaminer leurs voisins. - Les fruits : plus l'on veut les conserver longtemps, plus il faut les acheter verts et les laisser mûrir doucement dans le carré. Les agrumes se gardent plus longtemps que les autres à condition de les stocker à l'abri de la lumière, si possible dans un endroit frais. Attention, les moucherons arrivent très vite.

Les autres aliments

  • Les conserves :

Il est préférable d'ôter toutes les étiquettes et de marquer sur le couvercle de chaque boite ce qu'elle contient. C'est en effet sur les emballages papiers et cartons que se nichent toutes les bestioles. Du coup, il faut aussi penser à dresser une liste des produits disponibles, car sans étiquette, c'est beaucoup plus compliqué de savoir ce qu'il reste, et de la tenir scrupuleusement à jour.

La prochaine fois qu'on part, on embarque un gros stock de conserves maison, plats préparés à base de viande...

  • Les pâtes, céréales, farines et riz… :

Avant tout, vérifiez lors de l'achat qu'aucun paquet ne possède déjà ses habitants. Ainsi Malte, nous étions persuadés d'avoir fait une bonne affaire avec ces raviolis sous sachet plastique. Mais, à l'heure de les préparer, l'invasion de fourmis dans la casserole n'a pas été au goût de tous. Un peu de viande en plus pourtant… Pour le stockage, il faut supprimer les emballages d'origines et ranger chaque chose dans des bocaux plastiques séparés. Pour les réserves, les sacs de congélation hermétiques font parfaitement l'affaire.

  • Les œufs :

L'aliment de base du bord pour ses qualités de conservation. Juste un truc : le jaune est plus lourd que le blanc et descend lentement. C'est lorsque qu'il se trouve en contact avec la coquille que l'œuf se met à pourrir. La méthode de conservation la plus simple consiste donc à retourner votre boite à œuf régulièrement. Pensez aussi à numéroter chaque emplacement de la boîte afin de toujours conserver les œufs les plus frais. Bête comme chou !

Conserver les aliments par salage

  • Salaison de viande :

Une panne de frigo, c'est bien embêtant et c'est ce qui nous est arrivé à Massawa. Ca ne nous a pas empêcher d'acheter de la viande, que nous avons conservé par salage de la manière suivante (méthode prise dans "Et vogue la cambuse", l'excellent bouquin de Michèle Meffre) :
On rince la viande
On la découpe en tranche d'un centimètre maximum d'épaisseur
On prépare un mélange de sel avec un peu de sucre roux et des épices. Le sucre, à raison de deux cuillérées par kilo de sel, empêche le durcissement de la viande. Les épices (poivre, thym, laurier, muscade, girofle, cumin, etc) relèvent le goût de la salaison et ont une action antiseptique.
Dans un récipient étanche, on dispose une couche de sel, une couche de viande, une couche de gros sel, et ainsi de suite. Ne pas lésiner sur le sel. Pour un centimètre de viande, on met un centimètre de sel.
Les aliments ainsi préparés peuvent se conserver très longtemps. Au moment de l'utilisation, il faut les dessaler à l'eau de mer, puis à l'eau douce. Deux ou trois rinçages, un bon trempage d'une heure, suffisent pour obtenir une viande tout à fait mangeable. Nous l'utilisons le plus souvent pour préparer un ragoût ou en viande haché. Attention surtout ne pas saler lors de la cuisson.

On peut procèder de même pour conserver du poisson.

Les derniers commentaires :

Missing
djwinch
conservation à la bougie, sous "vide" d'oxygène
dans un bocal entamé, je glisse délicatement une petite bougie allumée, genre chauffe plat, et je referme. L'oxygène de l'air est consommé, reste l'azote et le CO2.
La conservation est nettemnt prolongée.
Maintenant je ne sais pas si des processus anaérobies peuvent s'y développer.
mardi 05 mai 2009 14:24
Missing
bleo
oeufs
Je suis fatigué de manger du poisson, je fouille la cambuse et trouve des œufs au fond d’un équipet. Ils ont été embarqués il y a plus de trois semaines et ont subi des températures entre 25 et 30 degrés. Surtout, je ne les ai pas enveloppés, ni saisis à l’eau bouillante et encore moins enduits de vaseline, procédés de conservation efficaces pendant un certain temps, l’œuf ne pou-vant plus respirer à travers sa coquille.
Il y a plus de vingt ans, à la baraque de chantier sur le terrain où nos copains Michel Barbanchon et Germain Lévèque (dit Jésus) construisaient leur coques en ferro ciment, Bernard Moi-tessier m’avait appris une méthode pour en vérifier la fraîcheur. Il suffit de plonger l’œuf dans un récipient d’eau : s’il est frais, il repose droit sur le fond ; s’il l’est moins, il penche sur un côté. Un vieil œuf enfin, flottera à la surface. Le problème sur Hotu Painu, c’est que les œufs plongés dans l’eau reposent sur le fond, basculent sur leur extrémité, nagent entre deux eaux, retombent au fond et recommencent leur va et vient de ludion.
Il faut dire aussi que nous nous faisons secouer un brin. J’en casse six que je bats. J’émince un oignon, râpe un peu de fro-mage Chesdale et verse le tout dans la poêle bien huilée : ça sent bon ! Si demain je suis malade, la terre sera proche. Après ce festin bien arrosé et un tour d’horizon, je rejoins ma bannette et m’endors en écoutant la radio.
dimanche 28 septembre 2008 01:45
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calypso 2
glacier peltier aussi


mode operatoire:
je la rempli chez moi avec des aliments sortant du frigo ainsi ils sont dejà froid
j'y met deux litre d'eau sortant du congelateur qui me servent ensuite pour le Ricard.

A bord je l'a branche lorsque le moteur tourne,puis au ponton avec un transfo sur la prise du quai.

En fonctionnant aussi j'ai de la glace dans les bouteilles durant trois jours delai raisonnable pour consommer, jambon, patée,fromage etc..

petit detail ,pour eviter que la nourriture ne baigne dans l'eau de condensation,j'ai confectionné un fond en cp surelevé de deux centimetre.

precision : en Bretagne l'eau est a 16/17° c'est tres bien pour la biere et lorsqu'il fait 25° à l'interieur du bateau on parle de canicule.

josé
vendredi 10 août 2007 19:04
Missing
(loup72)
conservation des oeufs
pour bien les conserver, il faut les plonger dans l'eau bouillante pendant 3 secondes pour coaguler l'albumine juste derrière la coquille, puis les enduire d'un produit gras enfin il faut penser à les tourner chaque jour afin d'éviter que le jaune n'atteigne la coquille qu'il percerait dans ses conditions on peut espérer les conserver 3 semaines sans frigo
amitiès navales et culinaires
vendredi 10 août 2007 17:52
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FROID A BORD
un tres bon site par un technicien qui passe sa vie...dedans ... sur le fropid a bord...
CORDIALEMENT
DOM
http://perso.wanadoo.fr/refrigeration-marine/
dimanche 18 avril 2004 17:33
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