Des Canaries à Dakar (Sénégal)

jonque le 02/07/2004

Les différents bulletins météo nous donnant une prévision de vent favorable sur le parcours, nous appareillons de San Sebastian de La Gomera le matin du 18 novembre vers 10 heures. Mais les prévisions ne sont que des prévisions qui n’engagent que ceux qui y croient, c’est pourquoi nous avons eu 2 jours de bon plein et les 2 jours suivants un calme plat avec une mer d’huile à faire pâlir les eaux du canal du Midi, puis le vent s’est levé à la hauteur du cap Blanc et nous poussera jusqu'à Dakar que nous joindrons en 9 jours. Plutôt que vous raconter jour par jour notre traversée, nous allons vous décrire comment nous occupons nos journées de navigation.

Puisqu’il faut commencer quelque part, nous allons commencer le matin vers 9 heures qui est l’heure où nous prenons notre petit déjeuner. Ce repas est pris selon l’état de la mer, dans le cockpit avec pain grille par calme plat, dans le carre si cela ne bouge pas trop ou cale dans un coin du cockpit quand la mer est agitée. Apres la toilette, nous préparons les lignes de traîne qui seront a l’eau jusqu'à la tombée du jour si elle n’ont rien pris. Mais le poisson en haute mer est abondant, à la mise à l’eau de la ligne les dorades coryphènes se sont jetées sur les leurres, par manque d’expérience et faute de croc, nous avons manqué les deux premières qui sont parties avec nos leurres. La troisième sera la bonne, bien ferrée au bout de la canne nous la remontons le long du bateau et quand la dorade sera le long du bateau, la flèche du fusil sous marin achèvera la bête et nous permettra de la monter facilement a bord. Cette coryphène pèse 3,5 Kg, elle sera préparée en darne pour le repas du lendemain à midi.

La seconde journée de pêche sera meilleure, en effet, nous verrons des thons sauter devant l’étrave et quelques secondes plus tard, la ligne de traîne claquer (elle est tenue par une épingle à linge) et nous aurons un thon de 1,5 Kg qui découpé en cubes finira en sauce le lendemain soir. Nous préférons laisser le poisson une journée au frigo avant de le consommer, il est nettement meilleur. Une heure après le thon, alors que nous prenions le repas de midi confortablement installés dans le cockpit, nous entendons le moulinet de la canne se dévider. Trente minutes d’effort plus tard et un coup de fusil harpon, nous remontons une coryphène de 10 Kg qui sera vidée, découpée en cube et mise en conserves. Une autre fois, la ligne saute de l’épingle, nous voyons un jolie coryphène que nous remontons facilement vers le bateau quand nous voyons un grand remous et la nageoire caudale d’un gros poisson. Stupeur, nous remontons la tête et les tripes de la daurade, un requin s’est régalé du reste.

Plus loin à une journée de Dakar, nos 2 lignes  partiront en même temps, mais cette fois ci les daurades sont grosses et casseront les lignes emportant les leurres. Nous manquons d’expérience et nos lignes sont peut être un peu faibles pour la grosseur des poissons.


Durant le jour, il y a toujours un de nous qui veille les autres bateaux et qui observe les animaux. Concernant les cargos, nous suivons la même route qu’eux qui vont ou viennent d’Afrique du Sud. Nous en avons vu une trentaine dont le plus près est passé à un mille (1852 mètres)  sans autre souci. Dans ces eaux, les mammifères marins sont nombreux. Nous avons vu plusieurs troupeaux de dauphins dont certains sont venus jouer dans l’étrave ou sauter en sortant complètement hors de l’eau à quelques mètres du bateau. Un matin, à l’arrière bâbord, nous voyons un souffle de vapeur et nonchalante une baleine d’environ 8 mètres croise notre sillage. Nous avons eu aussi la chance d’apercevoir, très près de la jonque, deux tortues. Beaucoup d’oiseaux nous suivent ou nous croisent.


La nuit tombe vers 19 heures et durera 12 heures. Avant que la nuit soit complète, nous nous préparons et préparons le bateau. Les feux de mât seront mis en service, et le radar également avec un zone de garde de 5 milles. Le radar alarmera dès qu’un autre bateau entrera dans la zone ce qui permet à celui de quart de pouvoir somnoler, lire ou écouter de la musique. A partir de 21 heures et jusqu’au petit jour, un de nous veillera en changeant toutes les deux heures. Les points, avec l’aide du GPS, seront consignés sur le cahier de bord toutes les deux heures et au changement de quart, celui de quart descendant informe le quart montant des cargos croisés et du vent.

Au fil des nuits, le rythme s’installe et nous finirons la traversée sans souci mais une nuit complète au mouillage de Dakar sera la bienvenue après 4 jours de fête pour célébrer les arrivées de Taoumé, Fabul’eau et Rapa Nui.


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