Première traversée (Portugal-Canaries)

jonque le 09/15/2003

Arrecife (Canaries)
Premier jour : Nous quittons le port d’Olhão vers 7 heures le dimanche 17 août. Apres avoir hissé les voiles et traversé la lagune, nous passons entre les jetées et cap au sud ouest vers Madeira. Les lignes de traîne sont mises à l’eau et quelques minutes après un maquereau monte à bord. Vers midi, le vent qui vient du nord ouest, souffle timidement puis forcit un peu vers le milieu de l’après midi. En début de soirée, une houle croisée se lève rendant la mer de plus en plus dure ce qui va nous oblige vers 21 heures à fuir dans le sens des vagues. La météo nous avait annoncé du nord ouest à 15 nœuds, nous sommes entre 20 et 25 avec la mer hachée, composée de vagues très courtes courant vers le sud. Donc sous grand voile, nous fuyons vers le sud à plus de 6 nœuds sous pilote.

Deuxième jour : Au petit matin, la mer et le vent s’étant un peu calmés, nous reprenons notre route vers le sud ouest donc vers Madeira. Nous sommes au vent de travers avec toute la voilure, filant à 5 nœuds mais la houle, toujours elle, nous déporte vers le sud. Néanmoins, nous tenons le cap malgré l’impression d’être dans un shaker. En milieu de journée, la mer grossit et les trains de vagues venant heurter la jonque par tribord nous ralentissent et mettent nos estomacs à rude épreuve. Dans la soirée, la mer étant toujours dans le même état, nous fait dériver vers le sud. Nous verrons au petit matin où nous en serons. Nous espérons une amélioration et surtout l’arrivée du vent de nord est comme les prévisions l’ont annoncé.
Troisième jour : au lever du jour, il reste 300 milles pour Madeira, mais le vent a forcit et la mer a grossit, des vagues de plus de 3 mètres viennent de travers. La houle devient de plus en plus forte et certaines vagues montent à bord par le coté tribord. Nous vivons au ralenti, couchés dans le cockpit en faisant des quarts de deux heures, l’un veillant, l’autre somnolant. En faisant le tour du bateau, nous trouvons un poisson volant et deux calamars. Olivier de Kersauson avait raison, les calamars géants existent, le notre faisait ….la longueur d’un doigt… nous n’avons pas les mêmes valeurs.
Quatrième jour : Au matin, aucune amélioration coté météo. Devant cette situation, nous décidons de changer de cap et d’abandonner l’idée d’aller à Madeira. Cap au sud, vers les Canaries et l’île de Graciosa, là nous sommes dans le sens du vent et surtout celui de la houle. Nous observons deux trains de houle, l’un courant au sud est et l’autre au sud ouest, et nous entre les deux roulant bord sur bord. En fin de soirée, une légère accalmie permet à France de nous faire le premier repas chaud depuis le départ. Dans la nuit, nous filons vent arrière par mer assez forte sans que la pilote ne fasse une faute, pour le moment nous n’avons pas barré à la main. Il reste 275 milles pour les Canaries.
Cinquième jour : Les milles défilent, à 13 heures, il reste 120 milles pour l’île d’Alegranza et 15 de plus pour le mouillage de Graciosa. Nos corps s’habituent à ce roulis rythmique et il est beaucoup plus facile de manger ou de lire. Le soir, nous avons discuté de tout et de rien, comme si nous étions au port. Le corps humain est fantastique, il arrive à s’adapter rapidement aux choses comme la mer houleuse, vivre au bord d’une autoroute ou manger du fast food. Dans l’après midi, le vent faiblissant, nous avons renvoyé la misaine. Voiles en ciseaux, nous fonçons vers notre objectif. Dans la nuit, des pointes à près de 7 nœuds ont été enregistrées par le GPS.
Sixième jour : Vers 7 heures du matin, nous apercevons la terre droit devant nous, le moral vient de faire un bond vers le haut. Nous passons au large du phare d’Alegranza en fin de matinée pour jeter notre ancre vers 14 heures en face de la playa Francesa (île de Graciosa) dans une eau turquoise. Nous avons fait 640 milles en 127 heures (5 jours, 5 nuits et 7 heures) soit 5 nœuds de moyenne.
Septième jour et les suivants : Nous nous reposâmes…


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