Nos escales en Espagne Atlantique

jonque le 07/17/2003

La dernière fois que nous avions parlé de nos escales, nous étions à Ceuta. Continuant notre route, nous traversons le détroit de Gibraltar avec un vent d’est de 10 nœuds puis forcissant à 25 nœuds dès le premier quart du parcours. Heureusement, ce vent nous souffle dans le dos, nous réalisons une belle moyenne avec des pointes à plus de 7 nœuds sous grand voile seule. Le gréement de jonque prouvant à cette allure qu’il peut faire jeu égal avec les autres. En fin d’après midi, nous relâchons à Tarifa. Dans ce port, aucune infrastructure pour la plaisance mais nous pouvons néanmoins nous amarrer au quai des cargos situé dans l’est du bassin. Seule la visite, très courtoise de la Guardia Civil pour un contrôle des papiers, viendra troubler cette courte escale.

Le lendemain, le vent d’est toujours présent, nous permettra de faire rapidement la première partie du trajet, puis nous laissera tomber, l’influence de la Méditerranée est toujours présente. Et, à l’aide du moteur, nous gagnons Barbate (10€) en évitant l’immense filet à thons (madrague) qui est posé à son entrée perpendiculairement  à la côte sur plus de 2 milles. Ce port est un vrai port de plaisance avec toutes ses commodités comme la machine à laver mais les supermarchés sont un peu loin (2 kilomètres). Nous serons coincés par le vent d’est qui va souffler comme une furie pendant 3 jours, heureusement nous sommes hors saison car de juillet à septembre le prix indiqué double.
 
Le vent s’étant arrête durant la nuit, quelqu’un a dû fermer la porte, nous partons au moteur sur une mer d’huile pour une ballade de 25 milles. En milieu de journée, le vent ayant daigné se lever, nous avançons sous voile vers notre but. Deux jolies bonites se sont prises à nos leurres, nous les partagerons le soir à l’escale avec nos amis de « Taoumé ». Apres avoir suivi deux alignements d’entrée et emprunté le chenal balise, nous sommes dans Sancti Petri où nous mouillons en amont du champ de corps morts. Le bras de mer derrière le village n’a pas d’eau et nous avons dû attendre la marée pour en sortir. Sur la rive ouest, on trouve dans le sable très facilement des coques, qui préparées à la saintongeaise sont succulentes. Il y aurait, selon les dires d’un pêcheur local, à un demi mille en amont sur la rive est, des couteaux, à vérifier. Le mouillage sur fond de sable et de vase est de très bonne tenue, très tranquille excepté le week-end à cause des jets ski. La douane est venue contrôler tous les bateaux au mouillage, c’était très discret et très sympa, aucune animosité ou supériorité de leur part comme dans certain pays…suivez notre regard.
 
Quatre jours plus tard, nous partons vers Cadiz avec une mer houleuse et du vent faible de face, la fête. Apres cinq heures de lutte, nous entrons dans Puerto America (10 €) où les vagues dues aux cargos et autres remorqueurs entrent facilement. La ville est superbe, le parcours pour visiter les principaux monuments est matérialisé par une ligne rouge peinte sur les trottoirs, l’office du tourisme vous renseignera. Dans tous les ports de l’Andalousie, vous pouvez recevoir du courrier à la capitainerie, celle de Cadiz nous l’a même réexpédié gratuitement à Ayamonte. Un supermarché, dont nous ne citerons pas le nom, situé « plaza de las flores » vous livre le lendemain, sur le pont de votre bateau, si le montant de vos achats dépasse soixante euros, ils acceptent la possibilité de se grouper à plusieurs bateaux.
 
Apres une journée de visite de Cadiz et une autre à attendre la fin du coup de vent d’est, nous quittons Puerto America pour le Guadalquivir. Une belle navigation et la prise à la traine d’un pagre de plus d’un kilo nous amène à l’entrée du Guadalquivir. Nous avons jeté notre ancre à environ 1 mille en amont de la bouée numéro 2 près de la rive droite. Les gros bateaux qui descendent et montent vers Séville ne viendront jamais troubler notre mouillage devant  le parc national de la Do?ana. Ce parc est interdit aux visiteurs qui comme nous arrivent en annexe, et le garde qui nous a intercepté n’a pas su nous expliquer pourquoi, par contre des 4X4 des tours opérateurs le sillonnent à 50 km/h. Cependant ce mouillage est tres bien pour ceux qui veulent aller à Séville et partir avec la marée ou pour ceux qui ne veulent pas aller directement de Cadiz à Huelva.
 
Trois jours après, nous sortons du fleuve en suivant le chenal à l’exterieur duquel se trouve une énorme épave de cargo coupé en deux. Un très bon vent de nord est, nous pousse à six nœuds vers l’est, puis nous laisse tomber à 5 milles du port. Un appel VHF de nos amis de « Taoumé » nous apprend que leur moteur ne veut plus démarrer, c’est donc avec un OVNI de 13 tonnes en remorque que la jonque poussée par son moteur de 29 CV fait son entrée dans Mazagon. Des ports de l’Andalousie, celui-ci est le port où le personnel a été le plus désagréable, tant pour avoir le quai libre à notre arrivée en remorque, que pour obtenir deux places côte a côte ou des informations sur les commodités.
 
Le surlendemain, nous remontons le fleuve jusqu'à Huelva qui est une ville très industrielle. Nous nous amarrons au quai et les autorités nous demandent de passer à leur bureau afin de vérifier les papiers. Nous allons à la capitainerie du port de commerce, il n’y a rien pour les voiliers, dont les gens sont habitués à faire les formalités pour les cargos. Apres une heure de recherche et de palabre, ils nous annoncent un prix forfaitaire de 35 € pour 2 jours à quai sans eau ni électricité. Nous déclinons cette « offre » et après avoir négocié de haute lutte avec la police le droit de rester une heure à quai pour aller faire les courses, nous allons ancrer près  du « Puente del Burro ». Ce pont se lève et permet de rejoindre Punta Umbria en 4 milles, mais pour obtenir la manœuvre du pont, il faut faire la demande aux mêmes autorités au moins 24 heures avant. Nous n’insistons pas nous ferons le tour (20 Milles). Huelva ne présente aucun intérêt pour nous, les gens de voyage, si ce n’est un marché et un supermarché à prix sympa mais il faut négocier pour rester au quai avec la police du port.

Donc c’est parti pour le grand tour, sans vent mais avec une mer d’huile. Nous arrivons en vue de Punta Umbria, naviguant conformément au guide nautique, quand la « Guardia Civil », sur un gros pneumatique, fonce sur nous et nous demande où nous allons. Apprenant que nous voulons rentrer par cette passe difficile, il nous indique le bon passage (pas du tout celui du guide) et nous amène jusqu'à chenal d’entrée. Pendant quelques dizaines de mètres, il y avait 1 mètre d’eau sous la quille, nous les remercions chaleureusement pensant à ce qu’aurait dit ou fait d’autres polices d’autres pays. L’entrée du fleuve subit les assauts du vent et de la mer et les bancs de sables se déplacent au gré des saisons. Cette année, il faillait se tenir à un demi mille parallèle à la digue et faire route sur une cardinale nord noyée au milieu des bouées des pécheurs. Il faut aller mouiller au fond, après le deuxième port de plaisance dans 4 mètres d’eau sur fond de vase. Beaucoup de bateaux de pêche transitent par ce canal qui rend le mouillage assez agité de jour comme de nuit. En ville, nous trouverons tout ce dont nous avons besoin. Nous resterons deux jours à Punta Umbria.
 
Le matin, à mi marée, nous ressortons de Punta Umbria avec une pensée pour les gens de la Guardia Civil. Une navigation calme au début, avec même du brouillard, nous permet de tester notre radar avec l’aide de Claude et Cathy de « Taoumé » qui se trouve à 30 mètres de nous invisible dans cette purée de poix. Mais la pêche est bonne, 8 maquereaux pour nous et 12 pour l’équipage de « Taoumé ». Le vent d’ouest s’étant levé, nous finirons cette navigation sous voile, au près jusqu'à la bouée d’atterrissage de l’entree du Guadiana, puis vent arrière dans la remontée du fleuve. C est à près de six nœuds que nous passons devant Ayamonte, déboulant au milieu d’une régate d’optimistes comme un renard au milieu d’une basse cour. Le mouillage au nord d’Ayamonte étant trop exposé avec ce vent, nous préférons passer sous le pont et ancrer en pleine campagne à 2 milles en amont du pont. Ce pont, ayant créé une frayeur due à une illusion d’optique à l’équipage de « Taoumé », laisse une hauteur de 20 mètres sous son tablier à marée haute. Nous nous retrouverons tous sur le bateau de nos amis, nous autour de la table et les maquereaux sur le barbecue, délicieuse soirée.
Nous remonterons le Guadiana pour y passer quelques jours, rive droite c’est le Portugal et rive gauche l’Espagne. Nous vous raconterons cette escapade avec nos escales au Portugal.


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