Sharpieblues

Equipage le 09/19/2000
Conçu pour la balade et la croisière côtière, le Sharpieblues malgré sa longueur, reste facilement transportable grâce à sa largeur modérée (2.10 m) et à son faible poids, 800 kg en ordre de marche (poids réel relevé sur la balance avec voiles, gréement, moteur…).

sharpiebluesPROGRAMME
Conçu pour la balade et la croisière côtière, le Sharpieblues malgré sa longueur, reste facilement transportable grâce à sa largeur modérée (2.10 m) et à son faible poids, 800 kg en ordre de marche (poids réel relevé sur la balance avec voiles, gréement, moteur…).
Très inspiré des sharpies américains, mais un peu modernisé à la demande d’un ancien client passionné par ces bateaux, le Sharpieblues reste comme eux, un voilier hyper simple à construire et surtout très économique. A notre avis un des meilleur rapport qualité prix. Son esthétique particulière et inhabituelle sur nos côtes, ne manquera pas d’attirer les regards, d’autant que les performances sont au rendez-vous, le tout avec une grande simplicité de manœuvre. Un bateau qui permet avec son fond plat et une fois la quille relevée, de se poser facilement dans 15cm d’eau.

GREEMENT
Les deux mats non haubané permettent un matage facile à deux personnes et font également office d’enrouleur pour les deux voiles équipées d’un fourreau. Un des point fort de ce système est donc de pouvoir réduire facilement la voilure pour équilibrer au mieux le bateau, sans avoir à brasser de la toile mais en ajustant de façon précise la surface aux conditions météo. Compte tenu de la facilité de manœuvre, on n’hésitera donc pas à réduire lors de la moindre risée où sous un grain. De par sa souplesse et sa capacité à déverser, ce gréement confère au bateau des mouvements souples et doux. Question facilité, les deux voiles sont auto vireuses, pas de winches mais juste quelques poulies et bouts ; voilà qui simplifie sérieusement le poste couteux de l’accastillage.
Côté manœuvre, c’est un régal, une vraie « mobylette », on vire sur place sans rien toucher, la barre est douce, précise et l’ensemble très bien équilibré, offre de bonnes performances et un cap excellent. La quille avec ses 250 kg reste facile à manipuler, assure une bonne raideur et se remonte totalement, la version à bulbe prévue initialement reste possible mais demeure cependant plus pénalisante à l’échouage.

AMENAGEMENT
Il reste comparable à ce qu’on peut trouver sur un 6.50 m, mais on bénéficie toutefois d’une couchette double de belle taille qui offre encore une largeur confortable aux pieds car elle ne se termine pas en pointe. Le puit de dérive au centre sépare la zone carré et la cabine avant, permettant d’un côté le passage vers la couchette et de l’autre, l’installation du coin cuisine. Au pied de la descente, deux banquettes servent aussi de couchage. Bref un intérieur qui malgré les apparences de finesse extérieure, offre un espace suffisant pour pratiquer la croisière côtière. Sur le pont un cockpit de bonne taille permet à 4 personnes de tenir à l’aise et d’y déjeuner tranquillement.


CONSTRUCTION
La méthode de construction est simple et se déroule à l’endroit, ainsi pas de retournement à effectué ; il faudra juste vers la fin, relever un peu l’ensemble pour passer la peinture. Aucun gabarit mais des cloisons en C-P espacées de 65 cm, on commence par découper celles-ci, c’est d’autant plus facile qu’il n’y a pas d’assemblage ; tout rentre dans des feuilles standard de C-P. Ensuite on découpe la sole (bordé de fond), après avoir tracés tous les repères. Quelques gabarits placés dessous suffisent pour donner à la sole sa courbure ; on profite de l’espace dégagé pour coller sur place la quille en plusieurs plis. Suite du puzzle qui passe en 3D avec la pose des cloisons à leurs emplacements respectifs, en les bloquants en pied, et un simple tasseaux assurera la verticalité. Un fois en place, on réalise le joint congé du bas et la pose de la bauquière finira de raidir l’ensemble. On termine par la pose des divers renforts que constituent les puits (dérive, safran, mâts) et l’on peut dès lors évider les cloisons avant de poser les lisses de pont et de rouf puis viens le pontage. A ce stade, il ne reste plus que les bordés latéraux à mettre en place, mais avant on profitera de l’accessibilité de l’ensemble pour terminer l’aménagement.
C’est là tout l’intérêt de la méthode : pouvoir poser tranquillement les dessus de couchettes et de banquettes (en fait il n’y a pratiquement que des plans horizontaux ) sans avoir à effectuer des contorsions dans tous les sens comme cela se fait souvent, surtout à bord des petites unités. Enfin on termine en posant les deux bordés, il restera quelques finitions de pont mais à l’intérieur tout est terminé, prêt à peindre. Il ne reste plus qu’à s’attaquer aux appendices, dérive, safran, et mâts ; ceux-ci restent simples à réaliser car en bois lamellé plein.

CONCLUSION
Au total une construction super simple à réaliser et qui ne présente aucune difficulté ; tout ici est à taille humaine et les manutentions restent aisées, on a presque l’impression de construire une grosse maquette.
Les temps de constructions sont eux aussi raisonnable et il faut prévoir entre 650 et 800 h maxi ; une fourchette relative à la finition souhaitée mais aussi à l’habileté de chacun. Les numéros 10 et 11 de Bateaux Bois magazine relatent en détails les diverses phases de la construction de la coque.

Celui qui souhaite pratiquer la balade et la croisière côtière trouvera avec le Sharpieblues son bonheur, et même l’amateur de fun car le Sharpie peut aussi être mené de façon sportive. Voilà donc un bateau très accessible tant financièrement que techniquement et cela sans pour autant passer des années, ni même engloutir une fortune pour le construire. A titre d'exemple, le premier exemplaire a été réalisé dans l'été 99 avec un budget de 35 000 F voiles comprises, un petit hors-bord d'occasion à complété le tout. Un coût vraiment raisonnable pour une unité originale. Afin de ne pas grever le budget d’une unité aussi économique, le prix des plans à été fixé à 5300 F.

Les derniers commentaires :

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sacré général


Gille Montaubin a dessiner le grement de mon petit trimaran (en cours de construction), et donc il a DEUX GAULES(on en aprend des truc sur HEO!)donc deux mats autoporté réduction de la voilure par enroulement lattes verticales pour garder du rond de chute .Jusque là la theorie est chouette...j'ai hate de voir en pratique.
Si y en a qui ont encore des récits expérimenté en la matiere je suis preneur: j' ai en tête de réaliser moi même les mats: bois creux, renfort fibre
salut
Laurent
mercredi 25 juin 2003 20:50
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Y'a Chébec et Chez Bec...

Je me suis trés mal exprimé Windja, s'cusi! Mézig je gode pour "LE" Chébec (de chez Chébec), c'est à dire un vrai de vrai, de la famille des balancelles et navicelles de Méditerranée. Le Chébec des corsaires barbaresques, celui qui s'est pacifié en cabotant dans la Médit' jusque vers 1957... par là.

Y'en a des restes dans les lignes des caïques, dans certaines bateaux de pêches aussi; ils y ont perdu arcasse et guibre, ils y ont gagné un "engine" et la ferraille qui va avec.

Tu imagines un caïque avec ses élancements, ses ailes "arabes" safranées, sa tonture d'enfer, sa dunette surbaissée parsemée de tapis et de nattes, couchée dans la brise, qui se pointe à un rassemblement de vieux "gaffeurs" avec son équipage pieds nus, hirsute, basané, aux falsars rapiécés et délavés "retroussés on the mollets", et aux tronches plus ou moins enturbannées...

Putain! la classe!!

STP laisse moi peinard avec les bords de fuite et les filets d'eau!

Ca peut aussi avoir son charme, je nie pas...
vendredi 20 juin 2003 18:13
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Chebec
Moi aussi,il m'a fair rêver ce bateau (en plus il était beau)
J'ai sans doute mal expliqué le gréement "Dinaël".
Par exemple pour le "Chebec": il y avait 2 écoutes et 2 drisses - c'est tout (et des bandes de ris, bien sûr). La misaine passait comme un foc au virement de bord, l'artimon comme une grand-voile ordinaire. Pour avoir navigué sur l'"Aigrette", j'imagine comment se serait comporté le "Chebec": pareil, en moins rapide.

L'une des particularités du "Chebec" (Daniel de Monfreid était architecte et avait une grande connaissance des matériaux,de leur travail, ainsi que de la mécanique des fluides, autant que de la navigation) était d'avoir prévu un bord de fuite de la dérive et du safran SOUPLES en élastomères (pour éviter la taînée induite par les décrochements répétés des filets d'eau ( les remous à la suite du safran, par exemple ). C'est pousser les choses un peu loin, mais j'ai trouvé l'idée intéressante. Il n'y a pas eu de suite de cette recherche.
vendredi 20 juin 2003 15:54
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....!!....!!

Ben là Windja tu m'en "bouchain coin" comme dirait je ne sais plus quel Michel ou Vanupié ou... j'sais pu....

Le top captain'...

Ah le chébec...!! je me dis toujours que si je gagne le pastole au LOTO je m'en paye un... le blém' c'est qu'il faut trouver des forçat pour le manoeuvrer. C'est bizarre moi je suis toujours prêt à faire le forçat.

A+ amiral,
vendredi 20 juin 2003 10:30
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Mât sans hauban
J'ai correspondu quelque temps avec l'architecte du "Freedom". Nous avions le projet de l'introduire en France, mais les Français sont très conventionnels et suivent leurs revues nautiques, qui elles-même sont liées aux contrats publicitaires qu'elles signent avec les constructeurs de bateaux ( les "grands" de préférence) Il m'en reste une belle photo du bateau.. "Freedom", premier de la série, était un bateau de 12m. sans moteur, et s'était classé 1er. en temps réel toutes classes à la semaine d'Antigua. Les voiles , doubles, faisaient le tour du mât, et le point d'écoute était tenu par un whisbone. L'efficacité aérodynamique était remarquable, mais je trouve que cela faisait beaucoup de toile (2 fois la surface d'une grand-voile pour chacune des 2 voiles). Quand les Français se sont intéressés à "Freedom", les Anglais avaient mis la main dessus.
Freedom a été construit sous licence en Angleterre en 2 versions: 42 et 30 pieds, à quelques exemplaires,avec une très belle finition, je crois par Fairways. J'en ai vu un à vendre voici 2 ans à Brest.
Il y a eu quelque temps une mode du gréement de "Freedom" chez certains architectes navals français ( dont un "randonneur côtier" en alu.)

Daniel de Monfreid avait repensé le problème de la voile arabe: excellent rendement, mais , au virement de bord, il faut changer de bord (gambeyer) l'immense antenne et la voile qui va avec. Pour un équipage pas entraîné et synchronisé, il y a problème, et même danger. Donc, en supprimant le petit mât oblique et incliné vers l'avant, et en le rempaçant par la composante oblique (ouf!) de la force aérodynamique qui tire la vergue , retenue par l'un des haubans latéraux vers le haut, ça fonctionne on peut virer en poussant simplement la barre . Quand il n'y a pas de vent, ou à l'arrèt, une retenue à l'avant empêche le mât de retomber en arrière. Au bas de la vergue est fixée une équerre qui aboutit à une rotule permettant les mouvements de la vergue. (ce serait plus facile à expliquer avec un dessin). La formule a été expérimentée sur un petit bateau (6,5om), le "Zaroug", puis un bateau de 7,50m, la "Zeima"; un petit bateau de course-croisière à 2 mâts, le "Chebec" n'a jamais vu le jour, en tout cas je n'en ai vu que les plans . Le bateau de Daniel, l'"Obock", à l'origine gréé en ketch à corne, a été regréé en "Dinaël" (anagramme de Daniel) avec un gréement expérimental à base de longerons de pales d'hélicoptère: très (trop) souples ,et solides: il a fallu les raidir avec des guignols ( j'ai encore des photos de cet essai ). Par la suite , des "gaules" plus élaborées ont été réalisées. Le trimaran "Aigrette" ( 15 x 9m, pour l'époque, c'était grand ) construit aux chantiers Jean Morin, à Pessac (Gironde), était gréé en goëlette Dinaël. A l'origine destiné à Joan de Kat, puis, lorsque celui-ci s'est fait "virer" par mésentente avec l'équipe qui faisait avancer le projet, à Olivier de Kerdrel(capitaine au long cours). A la suite d'un accident qui a grièvement blessé de Kerdrel, le projet a accumulé les difficultés, n'a pas pris le départ, et a fini comme ponton à mouettes au mouillage de Bénodet, après quelques croisières avec Daniel. J'ai eu la chance de faire la première sortie de ce bateau, de Bordeaux jusqu'à La Trinité. Joan de Kat - bon marin, mais "naufrageur" comme je n'en connais aucun autre-a pris le départ sur un bateau qu'il avait dessiné et construit ( pour 15.000 f), trop léger, qui s'est disloqué.
Par la suite, Daniel a prêté à Joan tout l'accastillage et les mâts de l'"Aigrette", qui ont coulé au large du Portugal avec le "prao" en acier!!!! que Joan avait imaginé et construit.
Un dernier gréement "Dinaël" avait été fait pour mon propre timaran. J'avais tenu à ce que le mât fût en Spruce, et Jean Morin, ébéniste à l'origine, obligé de faire du plastique pour gagner sa vie, s'était fait plaisir à faire cet espar creux et profilé, qu'il m'avait fait à prix coûtant.
Le gréement "Dinaël" était très efficace dès le près bon plein, et moins bon au près serré, sauf par petit temps, à cause du dévers de l'antenne souple et pas tenue dans les hauts, suivant en cela les boutres arabes qui sont des bateaux de portant ( les voiliers traditionnels au long cours de ces régions suivent le régime des Moussons)
vendredi 20 juin 2003 01:31
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