Robinson Crusoe

Juan fernandez, ile de Robinson : le quotidien, l’ histoire, la légende

Ceci est un recit d’une escale de navigation passée que je vous fait partager en attendant de nouvelles aventures.

Après une traversée sans histoire, bien que plutôt agitée entre l’île de Pâques et le Chili, nous n’avons eu à déplorer ni la perte d'un marin, ni la faim, la soif ou le scorbut. Nous avons été reçu triomphalement, le beau matin d'hiver du 11 Août 1996 dans la baie Clumberland, le mouillage assez  protégé au  nord de l’île de FERNANDEZ JUAN. Petite leçon d’histoire:ici a vecu là Alexander Selkirk, mieux connu comme Robinson Crusoé, comme Daniel Defoe l'ai appelé dans son roman.

Les pêcheurs de cette mer chilienne qui avaient cherché ici un abris pendant le coup de vent qui a sévit ces dernières 24 h, nous accueillirent sous les applaudissements et les coups de sirène Certains nous encerclant pour la photo. Tant et si bien qu’on pourrait se demander, quels sont les touristes ici. Il faut savoir que les responsables du port militaire très chiliens parlent avec enthousiasme de la radio. Sans doute ont ils ont été informés de notre arrivée par leurs collègues sur l'île de Pâques.
Plutôt que de vous raconter les sempiternelles aventures du navigateur au long court, je vais vous exposer ici la vie et l’histoire de Juan Fernandez. Et comme il faut tout de même justifier mon ego, je vous conterais à la fin de cet article, si vous êtes encore là, notre « exploit » du moment.

 

 

GÉOGRAPHIE ET HISTOIRE

Juan Fernandez est un archipel composé de deux îles principales: l'une «  mas a Fuera», la plus au large, nommée « Alexander Selkirk » (le vrai nom de Robinson Crusoe), et l'autre « mas a Tirera », appelée « Juan Fernandez ». Celle-ci est de 420 miles en face de Valparaiso, à 33 ° 37 'Sud et 78 ° 53' de longitude ouest, et est la seule dans laquelle on trouve un véritable village.

Les deux îles volcaniques sont la partie émergée d’une chaîne de montagnes sous-marines, qui s'étend entre 77 ° et 81 ° de longitude ouest, d'est en ouest.
Alexander Selkirk, avec une taille d'environ 6 sur 3 miles d'altitude est très élevée et montagneuse (altitude 1320m), compte environ 40 résidents permanents. Il n'y a aucune baie abritée.L'île de Juan Fernandez, est elle aussi montagneuse, une longueur d'environ 8 miles et une largeur qui varie, entre 2 miles et quelques centaines de mètres. Point culminant du Cerce Yunque à 916m .La côte sud est, offre une perspective particulièrement vertigineuse.

Le 22 Novembre 1574  un navigateur espagnol a découvert Juan Fernandez. Il s’y arrête pour faire le plein d’eau et de vivres fraîches. La pêche est abondante, et la colonie de phoques de fournir plus de suffisamment d’huile pour les lampes.
Officiellement, les îles ont été d'abord colonisées en 1749, mais il y a eu des hauts et des bas. , en1793  sur Juan Fernandez 300 habitants, en 1877 il n'y avait seulement 64. A la fin du 19e siècle de la pêche la langouste se développe pou atteindre 35.000 unités par an. Mais cette sur exploitation mena a une raréfaction, et la pêche a la langouste est aujourd’hui règlementée.En 1935, la superficie de l'État chilien a déclaré un parc national.Au mirador d'où Alexandre Selkirk regardait  l'océan, dans l'espoir de découvrir un navire, se trouve une plaque en anglais:"Originaire de Largo, comté de Fife, Ecosse, il vécu 4 ans et 4 mois complètement seul sur l'île.
Il a été laissé sur l’île en 1704 par le « Port de Cinque » 96 tonneaux où 12 Février 1709 par son capitaine à la suite d’un différent qu’on suppose majeur. Par la suite il fut récupéré par un autre navire anglais et reprit du service. Il est décédé en 1723 à l'âge de 47 ans comme lieutenant à bord du Weymouth. "
Depuis que l’on sait se prémunir du scorbut, l’île n’est plus une escale technique. Et donc, à par quelques plaisanciers, l’île n’est plus guère visitée par les marins , car située en dehors des routes maritimes des alizés, située dans les latitudes plus douces entre 25 ° Nord et 25 ° Sud.

Le tourisme  a certainement une place dans l'économie locale. Si vous voulez vous y rendre il faut prendre l'avion à Santiago avec l'une des deux lignes locales. Le vol dure 3 heures. Il n'est pas possible, de se rendre facilement du village le à l'aéroport par la terre, à moins que vous ne le fassiez à pied par un chemin de montagne: 18 km pour environ 1000m de dénivelé montée en passant par le belvédère de Robinson Crusoé. Par conséquent, prendrez le bateau à la Bahia Padre. La Lancha, un petit bateau à moteur de la compagnie vous emmènera sur une mer agitée, en une heure et demie au village. En cas de vents forts, en particulier par vent d’est, le transport de passagers n'est pas possible, et l'avion ne décolle pas de Santiago. Une autre possibilité est le petit cargo qui a ravitaille l'île chaque mois. La traversée dure 36 heures depuis Valparaíso.

Le village

Le village de San Juan Bautista , située dans la baie Clumberland sur le côté nord-est compte un millier d’habitants. Le nom sonne bien, mais l’endroit est plutôt modeste: deux rues principales se croisant à angle droit, et c’est tout. La première longe la mer, l'autre monte dans une vallée dans la colline. Les maisons sont construites en bois. En été, les rues sont poussiéreuses, en hiver, elles deviennent rapidement boueuses. Nous avons pu profiter des deux saisons, puisque, voyageant de l'île de Pâques à la Patagonie, la première fois en Août 1996, et une deuxième fois en Janvier 1998, en route pour Polynésie.

 

La population est composée de pêcheurs et des employés des forces navales, de la police chilienne et de la  CONAF (Bureau des Eaux et Forêts), plus quelques commerçants et pêcheurs. Il y a aussi quelques hôtels des plus simples et des auberges (Hosterias), des deux compagnies aériennes locales. Ces dernières ont comme «  aérogares », des cabanes d’aspect peu professionnel et aux heures d'ouvertures incertaines.

L'électricité est fournie par un groupe électrogène qui malheureusement diffuse une odeur de gaz d’échappement dans le quartier. L'école est assuré jusqu'à l'âge de 13 ans puis les enfants continuent à étudier sur le continent, à Santiago ou Valparaiso. Le Navarino, un petit cargo avec environ 300 tonnes, ravitaille l’île  une fois par mois. L'arrivée du bateau est un événement, et la foule se réunie, sur le quai. Tout le monde attend le nouveau poêle, pièces de rechange pour machines, du carburant, etc. Pendant deux jours, il sera déchargé: briques, du ciment, des appareils électriques, des bombonnes à gaz, tonneaux d'essence, le mazout, le pétrole, les des litres de Coca Cola et la bière, les fruits et légumes et de la viande congelée.
Il y a, sur l’île très peu de cultures de légumes et en tout cas par la de culture «  commerciale », même si le climat et le sol seraient appropriés à cette activité. Les quelques vaches qui paissent dans les prairies vallonnées, sont en libre parcours, et même les milliers de lapins sont sauvages. Chacun allant à la chasse s’il veut en faire un repas.
L’activité phare est la pêche à la langouste. L'utilisation commerciale de la fin du 19e Siècle par Marcel Charpentier, un Français originaire de Bordeaux, dont nous reparlerons. Aujourd'hui, la pêche en général est très réglementée. Rejet des poissons immatures, interdite en hiver pendant la saison de fraye.
La flottille de pêche se compose de 25 à 30 bateaux de 7 à 8 m de long, propulsés par des moteurs diesel ou des moteurs hors-bord. Certains sont équipés de voiles. Sur l'île voisine, Alexander Selkirk, la pêche est plus est abondante, mais comme elle est distante de 120 milles, les pêcheurs  y restent plusieurs jours ou plusieurs semaines jusqu'à ce que le bateau soit plein. Deux sociétés sont responsables du transport et du commerce, il s’agit de la famille Grimm, d'origine écossaise, et la famille Charpentier, descendants du Charpentier des débuts. Ces familles contrôlent les deux compagnies assurent le transport des visiteurs et en particulier les touristes, ainsi que la gestions des trois auberges (Hosterias).

Le tourisme a une importance plus grande que cela suggère l'infrastructure, car il n'y a pas d’hôtel chic, pas même un bar ou une discothèque ni de paquebot de luxe. Le tourisme est de type aventureux: randonneurs, plongeurs, pêcheurs sportifs.. Il s'agit d'une pêche en mer profonde, au rapala dont les prisent peuvent atteindre un poids de 40 à 50 kg.
Ces navires sont également utilisés pour faire du tourisme autour de l'île, notamment pour visiter la colonie de phoques ou des colonies de Bahia Ingles, où encore la grotte de Robinson.
?

LA VERITABLE HISTOIRE DE ROBINSON CRUSOE

Robinson Crusoe, Alejxander Selkirk avec son vrai nom, est né en 1676 en Écosse. Son père était cordonnier et tanneur, et aurait voulu que son fils suive ses traces. Mais cette nature plutôt aventureux, après une confrontation avec son père, quitta ses parents. À 18 ans, s’embarqua sur différent navires corsaires. En 1709, il est embauché sur le corsaire "Cinques port" de 96 tonneaux. Ce dernier a pour mission d'intercepter les navires de la flotte espagnole, qui opèrent au large des côtes atlantiques de l’amérique du sud. Le capitaine Stadling décida de faire le tour du Cap Horn et tenter sa chance dans les eaux au large du Pérou et de la Bolivie (la Bolivie n’a maintenant plus de zones côtières). Alexander a de nombreux désaccords avec le capitaine qui de le débarquer sur l'île alors inhabitée de Juan Fernandez en Octobre 1704. Les «Cinques Port» a été coulé quelques temps plus tard, Alexandre a eu pour le coup la vie sauve.

    

 

Donc, il vivait seul sur l'île. Dans la première période, à Bahia Ingles, puis il a construit une petite ferme et gardé quelques chèvres, prélevée sur la population des chèvres sauvages, celles la meme qui avaient été apportées par les visiteurs de l'île.  Au premier jour il ne possédait que son couteau, sa Bible et son arme ; mais comme la poudre n'est pas inépuisable, et il a été obligé de remplacer la chasse par l'élevage. Le 12 Février 1709 est apparu devant Bahia Ingles deux corsaires anglais, "Duke" et "Duchesse" . Ils voulaient faire de l'eau et leur équipage souffrait du scorbut. Le scorbut était à l'époque très commun. Les équipages ont passé un certain temps sur l'île pour prendre soin des malades. Quand tout le monde fut guéri commença le voyage de retour en Angleterre.

De retour en Angleterre, il rencontre l'écrivain Daniel Dufoe qui utilise plus tard, l’histoire d’Alaxander pour écrire le roman que l’on connait. Il a ensuite passé du temps avec sa famille, jusqu'à ce qu'il embarque en qualité de lieutenant sur la "Weymouth".Ill est mort en 1723 À l'âge de 47 ans, sur la côte de l'Afrique de la fièvre jaune. L'auteur s’inspiré par l'histoire de Alexander Selkirk, mais inspiré seulement, et l'arrivée de vendredi est l'invention évidente de l'auteur.

 

CORRELATION VAISSEAU HOPITAL

J’étais une fois de plus occupé depuis 2 jours à persuader Volvo le malfaisant de ne pas mourir encore. Il s’agit aujourd’hui de changer les roulements de la pompe à eau de mer. Si vous avez un bateau et un moteur et que l’on vous dit qu’il n’y à pas d’entretient particulier à part l’entretien courant, surtout ne les écoutez pas…pour tout ce qui concerne l’entretien, écoutez moi..Moi. Il faut refaire les pompes eau de mer toutes les 1000 h minimum et d’eau douce toutes les 2000-3000. Donc il s’agit de changer les deux roulements montés a chaud ou à la presse hydraulique quand on ne dispose que d’une lampe à souder butagaz….comme j’ai renouveler cette expérience, je vous en reparlerai, la technique vous servira un jour. J’étais sur le point de terminer, lorsqu’un un « local » sur un barque nous aborde pour nous demander si nous serions disposer à aller chercher sur l’île voisine (Alexander Selkirk) une petite fille malade. En effet la mer est assez forte, genre 6-7, il n’y a pas sur la dite île d’aéroport, et il n’y a actuellement sur Juan Fernandez aucun bateau capable de faire ce voyage. L’île voisine est tout de même à 120 milles, vent de travers..

Cette idée ne soulève pas mon enthousiasme. Mais il s’agit d’une petite fille de 2 ans, il n’y a pas de médecin sur place, et d’après les renseignements obtenus par radio elle est victime d’une occlusion intestinale. Cette affection est  fatale et le traitement est uniquement chirurgical …Ah oui si vous ne le savez pas, je suis vétérinaire.
Je fini ma réparation et a 19h nous partons a fond la caisse. Il faut seulement 17 h, nous mouillons à midi le lendemain dans la rade pas du tout abritée de l’île « voisine ». Vite fait on nous amène nos passagers à savoir : la petite fille sa mère et l’infirmière de l’île. 14 h, Je mets le cap aussitôt sur Juan Fernandez force 6 travers. Notre malade est à moitié morte. L’infirmière n’arrive plus cathétériser aucune veine, et comme je me prends pour plus malin que je ne suis, je sort mon matériel perso pour montrer mon savoir faire et donner une chance de survie au petit animal..Rien à faire. Toutes la nuit l’infirmière réhydrate la malade au goutte a goutte par la bouche, et la mère reste dehors sous les embruns à se geler et à vomir car elle ne veut pas déranger. Je donne tout de même à tout ce monde à boire et à manger et un peu de Nautamine. Ce  coup là il ne faudra que 15h : ça fait tout de même 8 nds de moyenne pour une vitesse critique de 8.5-9 nds…

 Cinq heures du matin tout le village est sur le ponton et toutes les barcasses sont à l’eau, il y a un monde digne du 14 juillet. Ça ne traîne pas. On l’embarque directement à l’aéroport que est à l’autre bout de l’île et que l’on ne peut atteindre que pas la mer (cote sous le vent heureusement), avion pour Santiago, hôpital, chirurgie ; elle ne meurt pas.
Bon maintenant nous sommes officiellement des héros, on nous paye des restos avec force langoustes, on nous fait cadeau de 6 langoustes énormes, le plein de gaz , le plein de GO, repas chez le médecin et l’armée Chilienne ne nous emmerde plus avec sa paperasse. On a aussi droit à deux jours à l’hôtel pour nous reposer et un article dans le journal chilien sur le continent. Si je repasse par là bas un jour j’irai voir cette jeune fille (çà fait maintenant 15 ans), et me payer une autre tranche de héros, ce qui changera de ma condition de mange merde habituelle en France. Je dis 15 ans car ce paragraphe a été écrit en 2012 alors que le reste date de 1998 et aujourd’hui Corrélation attend avec impatience le moment ou il pourra de nouveau chevaucher les sept océans.

Après une semaine de cette ambiance un nouveau coup de vent de NO s’annonce et comme le mouillage n’est pas abrité de cette direction, nous décidons de partir vers la prochaine étape : l’île de Pâques.

Les derniers commentaires :

Arzach_avatar
1
mercredi 19 août 2015 11:42
Baleine
LaBaleine

Bravo,
Vous incarnez l'esprit marin dans ce qu'il a de plus beau !

jeudi 22 août 2013 22:27
Missing
(correlation)

ben si vous aimez ma prose regardez celui de lapatagonie , et il y en aura d'autres des que j'ai le courage de les resortir des cahiers

vendredi 12 juillet 2013 18:57
Image
Candice

Super belle histoire et vraiment bien écrite. Pour Wildlife, à mon sens, la différence entre Vendredi ou la vie sauvage et Vendredi ou les limbes du Pacifique, c'est un regard un peu érotique et parfois angoissant qui plâne dans la version "adultes".

Ce récit me donne envie de partir à l'Aventure d'îles en îles.

Bisous

vendredi 12 juillet 2013 17:34
Missing
(correlation)

merci pour vos commentaires; ce sujet est extrait d'un tour du monde deja lointain ( 1994 à 2000) comme un autre recit publié ( mais sans photos = erreur de manip) sur la patagonie..
j'en posterai d'autres sur ces escales passées et j'espere dans les années a venir sur celles des futurs porjets

mardi 18 juin 2013 15:35
Voir tous les commentaires
Retour