Les Chagos

Equipage le 10/08/2001

Nous parlerons ici des îles Salomon, l'atoll le plus est des Chagos. Les Chagos sont constituées de plusieurs atolls et bancs, l'archipel est long d'environ 180 milles.

Trois de ces atolls sont accessibles aux voiliers : les îles Salomon est l'atoll le mieux protégé, Peros Banhos est le plus grand (15 milles de diamètre) et Egmont Island est le plus reculé, et on n'y fait rentrer, paraît-il, que deux bateaux.


A quoi ressemblent les Chagos ?

les chagosAu paradis sur terre ! Enfin,sur mer.
 
A part ça, ni plus ni moins qu'à des atolls, c'est à dire, pour les profanes, à des récifs circulaires surmontés d'îles, à l'intérieur desquels on accède par une passe, généralement jouxtée par une île dite de la Passe, justement. La photo à droite, c'est l'île Sépulture, si ma mémoire est bonne.
 
Ci dessous, la carte des Salomon, dont fait partie cette îlot.

les chagosA l'extérieur, en général, c'est très profond, mais dans l'atoll, on plafonne à 30 mètres et on mouille dans des fonds très raisonnables. Evidemment, il faut faire attention aux nombreuses patates qui farcissent le plan d'eau, on ne les voit pas sur la carte ci-dessus mais on les sent très bien quand on fonce dedans.
Qui trouve t-on aux îles Salomon ?

les chagosEn premier lieu, des navigateurs heureux. L'escale est bienvenue par sa position géographique, mais surtout elle est très attendue pour la liberté qu'elle procure. Vous parlez : pas de douanier, pas de formalités (ou presque), pas de ville, pas de pollution, pas de sollicitation, pas d'avitaillement à faire. En revanche, un vrai délice pour les yeux et une douceur de vie absolument indécente.


les chagosEn arrivant, on n'est donc pas surpris de trouver, rien qu'aux Salomon, une trentaine de bateaux au mouillage. Pas d'inquiétude : la place ne manque pas. Bien sur, en mai, beaucoup de bateaux mouillent sous le vent des îles Fouquet et Takamaka : ce sont celles qui abritent le mieux de l'alizé du sud est. On trouve aussi beaucoup de bateaux près de l'île Boddam, car on y trouve de l'eau potable et... un yacht club ! Mais ceux qui veulent leur île déserte à eux ont le choix. Quelques bateaux sont d'ailleurs ancrés depuis plusieurs mois et tentent une vie de Robinson.
les chagosTout le monde ici a des milliers de milles dans les jarrets, ce qui fait que la conversation est assez agréable. Entre voyageurs, on a des choses a se raconter. Il n'empêche que des groupes se forment tout de même... par langue, évidemment. On a donc des camps sur les plages. Il y a le camp français, totalement improvisé. Il y a le camp allemand, organisé avec un four à pain. Et il y a le camp anglais, attention, sur Boddam, avec réunion à cinq heures tous les soirs pour l'apéro (ils ont quand même laissé la théière dans le tiroir).
Activité principale sur les bateaux : la belle vie. Et la pêche, parce que ça mord dur par ici. On est sensé ne pêcher qu'à la ligne, mais bon. Dans le lagon ou à l'extérieur, pour ceux dotés d'une annexe digne de ce nom,, on est en bonne compagnie, requins et tortues. Sur certains bateaux, il y a école pour les enfants. D'autres ramassent des cocos, en font des gateaux, du lait de coco, de l'alcool. Près du puit, c'est laverie. La vie s'organise. La plupart des bateaux reste au moins un mois. De temps en temps, on change de mouillage. Le soir, suivant la réussite de la pêche, on s'invite entre voisins pour un petit barbecue sur la plage. Pour boire un verre, tendre la main vers la noix de coco.
les chagosEt puis, en douce parce que c'est interdit par les British, tout le monde va à la chasse au crabe de cocotier, un vrai monstre de crabe avec des pinces énormes, il y a plein de délicieuse chair là dedans.

Sur l'île Fouquet et Takamaka, on trouve des sources, mais pas potables. Il faut aller à Boddam pour cela. Il y a deux puits sur cette île, et il y a aussi un yacht club, avec les murs peinturlurés des noms de tous les bateaux qui sont passés par là.
L'hurluberlu de gauche, c'est le webmaster de hisse-et-oh, faut le savoir.


les chagosEt enfin, il y a des ruines et un cimetière : les restes de la vie Iloise.
Car effectivement, les Chagos ont été habitées pendant deux siècles.Au temps de la colonie francaise, Messieurs Lapotaire, Cayeux, Didier et Majastre recurent les concessions pour exploiter les cocotiers de ces iles et ils importerent leurs esclaves directement du Mozambique et de Madagascar . On en faisait de l'huile pour l'éclairage public à Maurice. Une société française s'occupait de la production et il semble que cette petite société vivait prospère. Mais les anglais, propriétaires de ces îles depuis 1815 (avant, c'était une colonie française), en ont décidé autrement en 1958, en se proposant de louer les Chagos aux Américains afin de constituer une tête de pont militaire en océan Indien. Pour cela, il fallait débarrasser les îles de ses habitants.


les chagos

Il y avait alors aux Chagos une population de 2000 Ilois, répartis principalement à Boddam, l'Ile du coin et Diego Garcia. Au début, le transfert se fait hypocritement, mais doucement. Les Ilois en déplacement à Maurice apprennent qu'il n'y a plus de bateau pour retourner chez eux. Les Britanniques rachètent ensuite la compagnie d'exploitation de la coco, et la ferment dans la foulée. Plus de boulot, plus d'argent, et donc plus de raison pour qu'un bateau ravitailleur perde son temps ici. Les habitants sont vivement encouragés à déménager. Enfin, lorsqu'en 71 les premiers américains débarquent sur Diego Garcia, les militaires anglais chassent purement et simplement les derniers habitants. Les navigateurs de l'époque retrouveront des maisons ouvertes et vides, des ouvrages laissés en plan, comme si l'on était parti pour la journée.


les chagosAujourd'hui, Diego Garcia est une méga-base militaire américaine. L'accès en est bien entendu strictement interdit. L'un des rares navigateurs a y être entré (par magouille) dit avoir vu 17 navires de guerre dans le lagon de Diego Garcia. Il y a aussi une piste pour les avions.

Les anglais sont toujours là, en sus, et continuent à contrôler la population non militaire : à savoir les navigateurs. Une patrouille de rambos visite les mouillages une fois par semaine et en profite pour délester chaque voilier de 80US$ (ça a augmenté début 2000). Quand on leur pose la question du pourquoi, ils répondent toujours des choses différentes : c'est la clearance (un tampon Diego Garcia sur le passeport, c'est quand même chouette) ; c'est le prix de notre assistance médicale ; c'est parce qu'on vide les poubelles ; c'est parce qu'on peut amener du courrier ; etc. M'est avis que c'est pour payer la Budweiser, chef oui chef !

Il est vrai qu'ils vident les poubelles, mais ils cassent aussi automatiquement toute construction qui ressemble à un refuge. Les navigateurs sont invités à ne pas séjourner à terre. Les îles doivent rester officiellement "inhabitables", vous savez pourquoi ? Parce que les Ilois de Maurice sont en train d'intenter un procès aux British, histoire de retourner chez eux.

Evidemment, parmi les yachties, c'est un grand sujet de discussion. Tout le monde est d'accord pour dire que la déportation, ce n'est pas bien, mais beaucoup redoutent un retour des autochtones. Ce serait, d'après eux, l'assurance d'un développement touristique, avec hôtels et tout le tralala, et alors, adieu, le paradis !
Adieu pour qui, c'est la question.

les chagos

Si l'histoire des Chagos vous intéresse, il y a une association Suisse de défense des Ilois (Comite Suisse de Soutien aux Chagossiens) , qui a un site web : www.chagos.org

Les derniers commentaires :

Missing
mxt

Bonjour,

Je cherche moi aussi à me rendre dans l'archipel des Chagos. Quelqu'un connaitrait-il un bon contact sur les Maldives qui peut proposer ce voyage ?
Salutations !

Philippe

mardi 04 juin 2013 21:52
Pavillon-i
pator
Cruising permit 2011
Des infos contradictoires concernant le permis de navigation aux Chagos.

"yachts must contact BIOT (BIOTadmin@fco.gov.uk) and pay for a cruising permit (UK£100/month in 2008) before arrival. As of this writing, payment had to be made via PayPal, over the internet, so it was difficult to extend your permit once you had arrived. The BIOT boat no longer accepts payment." sur http://hackingfamily.com

"The rules governing mooring permits are due to change on 01 January 2011. The fee structure will move to a weekly fee of £50 and the maximum stay permitted will be 28 days. Applications for visits in 2011 that are received in 2010 still attract the old fee of £100 per month but the Commissioner will NOT authorise any permits of more than 3 months." sur http://www.cruiserswiki.org

Quelqu'un en sait plus ?
lundi 07 mars 2011 11:15
Pavillon-i
pator
News des Chagos
Bonjour,

Ca me fait bizarre de retourner sur ce fil 10 ans après avoir écrit l'article sur les Chagos ;-)

Tout cela pour vous donner quelques nouvelles des îles, pour ceux que ça intéresse. Selon Wikileaks, le parc marin créé autour de l'archipel a été créé pour empêcher le retour des Chagossiens.
Voir http://www.defimedia.info/articles/13559/1/WikiLeaks-sur-le-parc-marin-des-Chagos---Olivier-Bancoult---Nos-avocats-preparent-la-riposte-/Page1.html
dimanche 19 décembre 2010 13:24
Missing
mosquito
les chagos paradis perdu
lu dans loisirs nautiques

pour aller maintenant aux Chagos, il faut obtenir un cruissing permit en GB pour la somme de 500 L par mois ( env 750 euros ) ...... paiement en ligne

si vous êtes pris à moins de 3 miles des Chagos sans ce cruissing permit , il vous en coutera 3000 L d'amende....

âpres avoir fait partir les habitants de cette ile, les anglais veulent maintenant éradiquer les voiliers de cet archipel.....


mercredi 10 janvier 2007 10:52
Missing
mosquito
mail reçu de mes amis de Bermalou
notre escale aux Chagos, un archipel corallien à la croisée des routes Sud et Nord de l’océan Indien. Un seul des atolls est loué par les Anglais à la marine américaine, les autres sont inhabités et permettent aux plaisanciers, de plus en plus nombreux, d’y robinsonner à leurs aises entre chaque passage du douanier anglais. Celui-ci, véhiculé par les fisheries patrol passe toutes les trois semaines pour faire payer 95 dollars aux bateaux présents, et leur rappeler qu’ils n’ont droit de n’y rien faire puisque tout est interdit : pêche, ramassage des coquillages, rester à terre la nuit, faire du feu, ramasser les noix de cocos etc… Entre deux visites les souris dansent bien entendu et comme le bateau des fisheries patrol donne tous les jours sa position par radio à la base américaine… Personne n’est dupe et la somme réclamée (pour trois mois) ressemble plus à une amende forfaitaire qu’autre chose. Bizarrement nous croiserons en mer le bateau des fisheries patrol ! L’ambiance entre les voiliers est très chaleureuse et nous sympathisons bien avec un couple d’autrichiens installé là depuis plus de 6 mois avec leur fils de 11 ans. Nous y cuisons notre pain au feu de bois dans le four installé, hein ? mais non je l’ai pas dit…
allez CNED oblige on fonce a Mayottes
mercredi 15 décembre 2004 17:35
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