Quand la corrosion ne tient qu'à un fil...

galvatest le 01/07/2011
La mesure du potentiel de la coque (pour les carènes métal) ou des équipements situés sous la flottaison (moteur, inverseur, quille, arbre, hélice, passe-coque... pour les autres) à l'aide d'une électrode de référence et d'un voltmètre suffisamment sensible est le seul moyen aisément praticable permettant de déterminer :
1) si vos anodes protègent correctement votre bateau et/ou ses équipements
2) s'il n'est pas agressé par des courants destructeurs du bord ou du quai (voire, même, de vos voisins...)
Cette technologie, courante pour les flottes de commerce, de guerre et de grande plaisance, l'est beaucoup moins pour les petites unités par manque de services et d'équipements adaptés. Elle est pourtant d'une remarquable efficacité.

quand la corrosion ne tient qu a un fil Le principe est extrêmement simple :

La corrosion (rouille de l'acier et piqure de l'inox ou de l'alu) est toujours la conséquence d'un courant sortant, qu'il soit galvanique - c'est à dire provoqué par la seule présence de métaux différents en contact, immergés dans le même liquide - ou électrolytique - c'est à dire apporté par une source extérieure (pour faire simple). C'est le phénomène, bien connu, d'oxydo-réduction.

Bien évidemment la corrosion électrolytique (électrolyse en langage plaisance) est beaucoup plus agressive que la corrosion galvanique, limitée par les propriétés naturelles des métaux. Pour lutter contre la corrosion galvanique, il suffit d'abaisser le potentiel électrique des métaux à protéger par rapport à leur potentiel naturel. Ceci est réalisé, sur les petites unités, à l'aide d'anodes sacrificielles la plupart du temps en zinc, dont le potentiel naturel est de (-)1030 mV.

De fait, il y a circulation d'un courant d'oxydation significatif dès que la différence de potentiel entre deux métaux excède 200 mV. Ainsi, un ensemble composé d'une hélice en bronze [potentiel (-)280 mV], située à l'extrémité d'un arbre en inox [potentiel (-)550 mV], relié à un moteur en acier [potentiel (-)650 mV] sera protégé par une simple anode en zinc pendant un laps de temps donné si :

1) elle fonctionne correctement
2) elle est placée au bon endroit
3) elle est de taille suffisante.

En effet, l'anode zinc permet de transformer tous les autres métaux en cathode et d'inverser la perte de matière qui résulte de l'activité électrique. Ainsi, le potentiel des équipements immergés d'une coque polyester doit être mesuré entre (-)1000 mV et (-)750 mV pour que la protection soit acquise. En deçà, il y aura sur-protection (avec conséquences), au delà, sous-protection (également avec conséquences, mais beaucoup plus néfastes).

L'électrode de référence utilisée avec un voltmètre standard (sensibilité 1 mV sur les positions 2 V ou AUTO CC/DC) est spécialement formulée pour assurer la stabilité des mesures et leur adéquation au référentiel de contrôle. Par ailleurs, une variation de la mesure de potentiel effectuée prise de quai branchée puis débranchée (et non disjonctée !), indiquera une agression éventuelle en cours par des courants de fuite destructeurs, générateurs de corrosion électrolytique.

quand la corrosion ne tient qu a un fil Pour garantir l'intégrité de votre bateau, ces mesures devraient idéalement être réalisées très régulièrement, et lors de tout mouillage prolongé, au même titre que le contrôle de pression des pneumatiques automobiles. Les carènes métalliques méritant, bien évidemment, une attention toute particulière.

Rappelons, pour conclure, que les mesures de potentiel sont de pratique courante et réalisées en continu sur toutes les grandes unités acier. Elles permettent de monitorer l'activité des anodes qui ne sont plus, dans ce cas, sacrificielles mais à courant imposé, et délivrent donc, en permanence et en continu, la quantité de courant juste nécessaire pour prévenir la corrosion.

Les lecteurs que ce problème intéresse trouveront plus d'informations dans "Le petit livre blanc de la protection cathodique des bateaux de plaisance" disponible gratuitement sur le site web http://www.galvatest.fr Ils y trouveront également la première électrode de contrôle abordable, dédiée à la plaisance.

Quelques précisions supplémentaires sur les électrodes de contrôle :

Les électrodes de contrôle ont un potentiel fixe et sont elles-mêmes étalonnées par rapport à une électrode de référence à hydrogène (théorie) ou au calomel (pratique). Elles servent à étudier les propriétés d’oxydo-réduction à l'origine de la corrosion.

L’électrode Ag/AgCl "professionnelle" consiste en un fil d’argent pur revêtu d’AgCl et baignant dans une solution saturée en KCl, l'ensemble étant contenu dans une enveloppe de verre ou de plastique. Ceci afin de garantir la stabilité des mesures dans le temps et dans les différents milieux dans lesquels elle est destinée à être immergée. Son poids n’a bien évidemment aucune incidence sur la précision de la mesure qui est réalisée au niveau "électronique".

Elle est généralement livrée avec un connecteur industriel de type "jack" puisque rendue inaccessible par sa protection. Les coûts publics varient d’une à plusieurs centaines d’euros (+ taxes, y compris pour les fabrications chinoises...) et elle nécessite une vérification bi-annuelle selon les tolérances d'emploi (par exemple http://www.corexco.fr/electrodes-de-reference.php ou encore http://www.buckleys.co.uk/marine-survey-kit/).

L’électrode Galvatest (http://www.galvatest.com/fr_galvatest_elec.html)consiste également en un fil d’argent pur de quelques dixièmes de mm de diamètre revêtu d’une couche d’AgCl à l’une de ses extrémités (Attention ! pas d'alliages). Elle est livrée sans solution saturée (comme les électrodes de référence "fixes"...) et sans connecteur électrique, une simple épissure temporaire suffisant amplement pour l’usage envisagé (mesures de quelques volts, quelques minutes pas plus de 3-4 fois par an en plaisance).

Note concernant l’eau douce

La résistivité de l’eau douce étant supérieure à celle de l’eau de mer, les mesures effectuées en eau douce pourront être décalées vers le (-). Notez également que des potentiels de protection électronégatifs élevés seront difficilement atteignables en eau douce avec des anodes zinc ou aluminium.


Les derniers commentaires :

Vieux_marin_tableau
selavie
BONSOIR ATYAS
A tu une référence précise pour ce produit trés interréssant.
Cordialement.
lundi 31 janvier 2011 20:28
Missing
aikibu
Corrosion
Je n'ai qu'un mot "Bravo" et merci, car ça faisait un bon bout de temps que j'etais à la recherche de ce type d'article et surtout de la source, avec l'anode qui va bien et pour moi introuvable....jusqu'à aujourd'hui.
MERCI
lundi 31 janvier 2011 19:57
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