Ce qu’on n’a jamais dit sur les bateaux H.S.

Equipage le 04/15/2010

Quoi qu’on en dise, peu de bateaux en plastique pourrissent au fond des ports ; il y a des bateaux inutilisés, abandonnés, encombrants ou ne réglant pas les factures du port, mais assez peu...

ce quon na jamais dit sur les bateaux h s Juste un an après nos premiers papiers sur la déconstruction des bateaux de plaisance en plastique, (80% du parc) nous faisons le point de la situation actuelle. Voici nos constats.

• Quoi qu’on en dise, peu de bateaux en plastique pourrissent au fond des ports ; il y a des bateaux inutilisés, abandonnés, encombrants ou ne réglant pas les factures du port, mais assez peu. Ils ne sont pas forcément en très mauvais état, tous ne sont pas « hors d’usage ». Ils gênent et constituent un manque à gagner pour le gestionnaire du port. A eux seuls ils sont encore en nombre insuffisant pour constituer un marché. Les chiffres avancés par diverses instances sont spécieux. Il est difficile de quantifier le nombre de bateaux à déconstruire, reconnaît un expert. L’âge n’est pas un critère suffisant, nos photos le montrent : ces deux bateaux ont peut-être le même âge !

• Le plaisancier désireux de se défaire de son bateau en plastique préfère toujours tenter de le revendre même à bas prix par l’intermédiaire des journaux et sites spécialisés dans les bateaux d’occasion. Ayant ainsi la possibilité d’en tirer un peu de monnaie, il ne voit pas pourquoi il devrait dépenser de l’argent plutôt qu’en gagner… Car la démolition suppose enlèvement, transport (certains lointains) démontage, récupération, tri, recyclage ou élimination. Chaque poste a un prix, il faudra payer. (Nous verrons cela dans un prochain billet).

• Il existe plusieurs expériences de déconstruction, souvent performantes et animées d’un véritable esprit éco-responsable. Elles sont en mesure d’éliminer « proprement » des quantités d’équipements de bord, espars, haubanage, accastillage, etc. A la vérité, presque tout… sauf le polyester, c’est-à-dire 90% du bateau ! C’est là que ça ne va plus. Le polyester est quasi non-dégradable, et les seules façons de s’en débarrasser sont fort imparfaites et peu nombreuses. Quelles sont-elles ?

1 – La calcination propre exige des équipements spéciaux et complexes comme des épurateurs, filtres de vapeurs et fumées, espaces confinés, dispositifs de sécurité, etc. C’est un traitement lourd et, par conséquent, coûteux pour lequel notre expérience est encore mince ; on en est plutôt au stade de l’expérimentation… C’est que ces techniques exigent des investissements conséquents qui ne se feront que si le marché (encore lui) le justifie : si elles sont rentables. Des recherches sont en cours, des brevets sont déposés pour améliorer les process, les applications viendront plus tard. Peut-être et quand ? A l’heure actuelle il n’existe aucune filière de recyclage du polyester, on peut tout juste le réutiliser. (Voir plus bas).

2 – L’enfouissement est une fausse solution, à la vérité la pire des solutions, la plus dangereuse pour l’avenir. Même réduit à l’état de poudre, le produit (chimique) restera bien présent. Il n’aura pas été éliminé, il aura seulement changé d’apparence. On ne le verra plus mais il sera toujours là, sous une autre forme. L’enfouissement est pourtant courant. Les industriels du recyclage n’en font pas mystère, ils enterrent le polyester et les fibres de verre ; « c’est autorisé par la loi » disent-ils… C’est vrai. Renseignement pris il existe en effet des centres de stockage de déchets ultimes. Eric Leclere de l’APER (Association pour la Plaisance Eco-Responsable) affirme que ces centres sont implantés en des lieux choisis, géologiquement stables, sans risque d’infiltration d’eau et très contrôlés par la police de l’environnement. Suffira de les oublier…

3 – La valorisation thermique est une variante de la calcination. La résine polyester est utilisée comme appoint de combustible dans le brûlage des ordures ménagères ou dans les fours de cimenteries. Ces fours et incinérateurs, aux normes européennes sont surveillés 24 h sur 24, avec des taux de rejet dans l’atmosphère qualifiés de très bas… Bon, mais on aimerait en savoir plus.

4 – Enfin la valorisation-matière (actuellement artisanale) ressemble beaucoup à l’enfouissement puisqu’il s’agit de réinjecter le matériau (toujours le polyester) dans divers produits courants sous forme de charge. Un peu comme le sable est ajouté au ciment pour faire du béton.

• Résumé : on a des doutes sur l’existence du marché, les solutions ne sont que
des pis-aller, pas vraiment écologiques. Le produit de base n’est pas éliminé proprement.

A vous de vous faire une opinion.

source : http://escales.wordpress.com

Les derniers commentaires :

Image
1
solo
avant les poules montaient sur mon bateau
maintenant elles vont dessous.
moi je navigue toujours !
jeudi 13 décembre 2012 17:37
Missing
(kv33)
Bonjour à tous,
@lulu2, concrétiser vos idées en faisant des protos. Le canot en bois retourné avec une couverture en chaume est déjà utilisé sur la promenade du front de mer à Etretat. D'anciens bateaux mytilicoles et de pêche charentais en bois sans PME à vendre peuvent être acquis pour pas cher. Réparés et réhabilités en bateau de plaisance, ils peuvent faire le bonheur de familles. La valorisation architecturale ou(et) pratique d'une coque polyester réformée reste à trouver.
@pascal11, oui c'est une formidable idée, un convoi de bateaux de plaisance réformés chargés de lourds coffres bourrés d'or, d'argent et de vaisselle précieuse reconduits par une nuit calme sans lune hors de nos eaux territoriales par un pilote masqué. N'est ce pas le rêve de tout chercheur international d'épaves ?
Cordialement
jeudi 13 décembre 2012 08:02 *** Message modifié par son auteur ***
Dsc01641
pascal11
La solution, après dépollution ne serait pas d'ouvrir les vannes hors des eaux territoriales?
mercredi 12 décembre 2012 23:24
Missing
bernard1968
le document mis en ligne par kv33 est intéressant avec des informations claires , chiffrées.

j'ai en particulier relevé
Pour l’Arpège
Il faut savoir que le prix du démantèlement est estimé en fonction du poids soit 2 300 kg pour l’Arpège ; les
constituants sont globalement repris à 0,98 euros le kilo, soit 2 254 euros. Le moteur Volvo de 12 CV
(revalorisable) est estimé à 450 euros (ou plus selon son état) et vient en déduction du coût total. Comme
d’ailleurs le gréement pour 80 euros. Ce qui ramène la facture (reprise moins les déductions) à 1 724 euros plus
une TVA de 337,90 euros. Coût pour le plaisancier : 2 061,90 euros.
Pour le Love-love
L’évaluation de départ est basée sur un poids de 1 200 kg plus un lest de 470 kg sur les mêmes bases de prix. Le
coût s’élève à 715,40 euros. La valeur du moteur (HB) est de 180 euros et celle du gréement 90 euros. Cela
amène à un total brut de 445,40 euros avec une TVA à 87,30 euros.
Coût pour le plaisancier : 532,70 euros. Ces prix incluent le transport.
Hormis les cas particuliers, nécessitant un grutage ou un renflouement, les prix sont nets pour le plaisancier.
Celui-ci doit être présent lors de la prise en charge, pour remettre les papiers du bateau et signer l’acte de
vente de l’épave. Au préalable, il aura payé la prestation.


Ce qui veut clairement dire que certains bateaux en très mauvais état dont la réparation n'est pas financièrement envisageable ont une valeur négative.
mercredi 12 décembre 2012 17:43
Dsc02597
L'ESTEREL2
Pour surveiller la réserve ils ont 3 véhicules : des KANGOO 4X4

http://www.reserve-crau.org/1_04_1coussoul.html

j'aurais plutôt pensé à des VTT beaucoup plus écolo et moins polluant

enfin ce n'est que mon point de vue



mercredi 12 décembre 2012 11:29
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